Activision saisit la justice pour demander l’arrêt du logiciel de triche de Call of Duty distribué par la société EngineOwning

Activision Publishing, une filiale d’Activision Blizzard et l’un des plus gros éditeurs de jeux vidéo au monde, a intenté un procès à EngineOwning, une entreprise qui fait de la publicité pour des logiciels de triche pour Call of Duty et d’autres jeux de tir en ligne populaires. La plainte de l’éditeur a pour motif : « trafic de technologies qui contournent ou éludent les technologies anti-triche utilisées par Activision pour protéger l’intégrité des jeux [Call of Duty] ». Le document de la plainte indique que l’éditeur cherche à faire interdire tous les logiciels qui permettent de tricher dans n’importe lequel de ses jeux.

Call of Duty (COD) est une série de jeux vidéo de tir à la première personne sur la guerre. La série a été lancée en 2003 par le studio de jeux vidéo Infinity Ward et éditée par Activision. EngineOwning facture 13 euros par mois ou plus pour un accès par abonnement à des suites individualisées d’outils de triche conçus pour les jeux Call of Duty, mais aussi Battlefield, Titanfall 2 et Star Wars Battlefront. Le logiciel promet des capacités telles que des « aimbots » (un aimbot est une technique de triche permettant de viser et tirer automatiquement sans que le joueur ait à intervenir), des « triggerbots » à tir automatique, etc.



D’autres capacités comprennent un « radar 2D » qui indique la position des ennemis sur le HUD, et un « radar 3D » qui peut suivre et afficher les joueurs adverses même derrière une couverture. En dehors de ces capacités, EngineOwning promet que son logiciel est indétectable par les outils automatisés, y compris les outils anti-triche, comme l’outil Ricochet, récemment lancé par Activision. Le logiciel d’EngineOwning comprend également des outils intégrés pour rendre la tricherie moins évidente pour les modérateurs humains et les logiciels d’enregistrement, ce qui permet aux utilisateurs de « ressembler à un joueur légitime ».

De plus, la société vend séparément un logiciel « usurpateur d’identification matérielle » qui promet de contourner les interdictions matérielles dans Call of Duty et d’autres jeux. Dans son procès, Activision affirme que ces outils ont été utilisés « des milliers de fois par des joueurs aux États-Unis », rapportant à EngineOwning « des centaines de milliers de dollars ou plus ». Selon Activision, le logiciel a ainsi entraîné « au moins des dizaines de milliers de violations » des conditions d’utilisation que les joueurs doivent accepter avant de jouer en ligne. Activision demande une ordonnance du tribunal mettant fin à la distribution des produits d’EngineOwning.

« Par cette plainte, Activision cherche à mettre un terme au comportement illégal d’une organisation qui distribue et vend à des fins lucratives de nombreux logiciels malveillants conçus pour permettre aux membres du public d’obtenir des avantages concurrentiels déloyaux (c’est-à-dire de tricher) dans les jeux COD. Ces activités permanentes portent préjudice aux jeux d’Activision, à son activité globale et à l’expérience de la communauté des joueurs de COD », a déclaré Activision. Il réclame également des dommages-intérêts légaux et punitifs, et le remboursement des « recettes illégales des défendeurs » provenant de ses ventes de logiciels.

Activision dit croire que les défendeurs « étaient pleinement conscients que leur comportement violait les droits d’Activision, mais ont néanmoins poursuivi effrontément leurs activités ». L’éditeur soutient également qu’EngineOwning est coupable d' »interférence intentionnelle avec les relations contractuelles ». « En aidant les joueurs de COD à enfreindre les conditions d’utilisation du jeu, l’objectif des défendeurs est de s’assurer que leurs clients continuent à bénéficier des avantages de leurs contrats avec Activision alors qu’ils s’engagent simultanément dans des violations continues de leurs obligations en vertu de ces contrats », affirme Activision.

Il affirme avoir tenté de contacter le créateur d’EngineOwning, Valentin Rick, pour qu’il mette fin à ses activités à plusieurs reprises au cours des dernières années. Mais Rick aurait dit à Activision qu’il avait vendu le site à de nouveaux propriétaires, et un fil de discussion sur les forums d’EngineOwning prétend que le site a été relancé avec une « gestion rafraîchie » à la fin de 2018. Cependant, Activision ajoute que « Rick n’a jamais fourni de preuve qu’une telle vente a eu lieu ». La société estime en outre que « Rick a continué à gérer et à exploiter EngineOwning et le site Web EngineOwning ».



La plainte vise deux entités commerciales allemandes, CMM Holdings SA et EngineOwning Software UG. Le document de la plainte allègue que les deux entités sont gérées par Rick. Notons que la société nomme 50 accusés dans l’action en justice. Et bien qu’elle mentionne les identités présumées de certaines personnes impliquées dans EngineOwning, elle reconnaît que les véritables noms et capacités – qu’il s’agisse d’individus, de sociétés, d’associés ou autres – des accusés ne sont pas connus d’Activision.

Activision a récemment fait beaucoup d’efforts pour lutter contre les tricheurs dans les jeux Call of Duty, en accordant une attention particulière au jeu très populaire – et gratuit – Call of Duty : Warzone. Il a déployé son nouveau système « Ricochet » dans Warzone en décembre et a déclaré peu après avoir banni 48 000 « comptes de tricheurs » grâce à ce nouveau système. Dans son action en justice, Activision affirme avoir « été en mesure d’identifier et de bannir des centaines de milliers de comptes utilisant des logiciels de triche dans les jeux COD au cours de l’année écoulée ».

Par ailleurs, Activision Blizzard est actuellement au cœur d’un scandale après avoir été poursuivi par l’État de Californie, qui affirme que l’entreprise a encouragé une culture de « harcèlement sexuel constant » et de discrimination fondée sur le sexe. Certains travailleurs de l’entreprise sont entrés dans leur troisième semaine de grève pour protester contre les licenciements inattendus d’employés chargés de l’assurance qualité chez Raven Software, connu pour son travail sur Call of Duty.

Source : Plainte d’Activision

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Tiri

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