Epic remporte son appel en Australie contre Apple, l’affaire opposant l’éditeur de Fortnite à Apple concernant l’App Store sera bientôt portée devant un tribunal australien

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Apple a retiré Fortnite de l’App Store depuis le 13 août dernier après qu’Epic ait lancé une mise à jour du jeu comportant son propre système de paiement in-app.

Le système de paiement d’Epic lui permet en effet d’éviter de payer les 30 % de commissions exigées par Apple lors des achats dans les applications. L’éditeur du jeu Fortnite a alors demandé une ordonnance dans le but d’obliger Apple à remettre le jeu dans sa boutique jusqu’à la fin de la bataille judiciaire. Mais la juge a estimé que le développeur de jeu a rompu son contrat en tout état de cause et était donc en train d’en subir les conséquences.

« Epic savait qu’il violait les termes de son contrat avec Apple lorsqu’il a publié la mise à jour, mais il l’a quand même fait », a déclaré Rogers, accusant la société de malhonnêteté. « Vous avez fait une chose, vous avez menti par omission, par manque de franchise », a rappelé Rogers à Epic. « Il y a beaucoup de gens dans le public qui vous considèrent comme des héros pour ce que vous avez fait, mais vous ne procédez pas de la façon la plus honnête ».

Ainsi, le refus d’accorder l’ordonnance à Epic signifie que la situation dans laquelle Epic est interdit de publier de nouveaux jeux sur iOS et ne peut pas distribuer Fortnite sur l’App Store sous sa forme actuelle restera en place pendant la durée du procès, à moins qu’Epic ne décide de supprimer son propre système de paiement in-app qui a déclenché l’amère querelle juridique en août.

La bataille ne s’est pas limitée au pays de l’oncle Sam. Epic a attaqué Apple sous d’autres cieux, notamment en Australie et au Royaume-Uni, comme l’a rappelé le développeur dans un communiqué en février 2021 :

« Epic Games a annoncé aujourd’hui avoir déposé une plainte antitrust contre Apple dans l’Union européenne («UE»), élargissant la lutte de l’entreprise pour promouvoir des pratiques de plateforme numérique plus équitables pour les développeurs et les consommateurs.

« La plainte, déposée auprès de la direction générale de la concurrence de la Commission européenne, allègue que, grâce à une série de restrictions anticoncurrentielles soigneusement conçues, Apple a non seulement nui, mais complètement éliminé la concurrence dans les processus de distribution et de paiement d’applications. Apple utilise son contrôle de l’écosystème iOS pour en tirer profit tout en bloquant ses concurrents et sa conduite est un abus de position dominante et une violation du droit de la concurrence de l’UE.

« La plainte complète les processus juridiques déjà en cours aux États-Unis et en Australie, ainsi que le récent dépôt d’Epic devant le tribunal d’appel de la concurrence du Royaume-Uni ».

« Ce qui est en jeu ici, c’est l’avenir même des plateformes mobiles », a estimé le fondateur et PDG d’Epic Games, Tim Sweeney. « Les consommateurs ont le droit d’installer des applications à partir des sources de leur choix et les développeurs ont le droit de rivaliser sur un marché équitable. Nous ne resterons pas les bras croisés et ne laisserons pas Apple utiliser sa domination de plateforme pour contrôler ce qui devrait être un terrain de jeu numérique égal. C’est mauvais pour les consommateurs, qui paient des prix gonflés en raison du manque total de concurrence entre les magasins et du traitement des paiements via l’application. Et c’est mauvais pour les développeurs, dont les moyens de subsistance dépendent souvent de l’entière discrétion d’Apple quant à savoir qui autoriser sur la plateforme iOS et à quelles conditions ».

Dans son communiqué, Epic indique avoir été lésé par les restrictions anticoncurrentielles d’Apple concernant les paiements et la distribution d’applications : « Quand Epic a donné aux joueurs Fortnite sur iOS le choix entre le paiement Apple et le paiement direct Epic, en transférant les économies aux acheteurs directs, Apple a riposté en bloquant les mises à jour Fortnite. Lorsque Epic a cherché à amener Epic Games Store sur iOS, Apple a refusé. Et tandis qu’Apple a lancé son propre service de distribution de jeux, Apple Arcade, il a interdit à des concurrents, dont Epic, de faire de même ».

L’éditeur estime que les implications de cette affaire vont beaucoup plus loin que son simple combat contre Apple : « il s’agit de savoir si les consommateurs et les développeurs peuvent faire des affaires ensemble directement sur des plateformes mobiles ou sont contraints d’utiliser des canaux de monopole contre leurs souhaits et leurs intérêts ».

Et d’indiquer : « Epic a demandé à la Commission de remédier au comportement anticoncurrentiel d’Apple en imposant des recours rapides et efficaces. Epic ne demande pas de dommages et intérêts à Apple, comme c’est le cas aux États-Unis, en Australie et au Royaume-Uni. Il recherche simplement un accès et une concurrence équitables qui profiteront aux consommateurs et aux développeurs ».

L’affaire jugée recevable en Australie

Après une série d’audiences et de procès qui ont duré près de neuf mois, Apple et Epic ont présenté leurs arguments définitifs devant un tribunal de district américain de Californie le 24 mai. Les deux sociétés attendent maintenant la décision de la juge Yvonne Gonzalez Rogers, mais cela ne signifie pas que le litige est fini. Après un appel réussi jeudi par Epic, l’affaire sera bientôt portée devant un tribunal australien.

Epic soutient que l’App Store constitue un monopole, que les développeurs qui espèrent fournir leurs applications aux clients n’ont d’autre choix que de passer par l’App Store – et de payer les frais associés. Apple qualifie le procès d’Epic de coup marketing et soutient que l’App Store donne aux développeurs l’accès à un vaste public d’utilisateurs d’iPhone et d’iPad.

En novembre, Epic a porté le problème en Australie, entamant une procédure contre Apple en faisant valoir que les pratiques du fabricant d’iPhone contrevenaient à la loi australienne sur la concurrence et la consommation. Apple a pu faire appel de la poursuite en avril, arguant que l’affaire devrait être réglée par le tribunal de district américain. Epic a rapidement contre-appelé, arguant que des préoccupations d’ordre public justifient un procès séparé. La Cour fédérale australienne a statué en faveur d’Epic jeudi.

« C’est un pas en avant positif pour les consommateurs et développeurs australiens qui ont droit à un accès équitable et à des prix compétitifs dans les magasins d’applications mobiles », a déclaré un porte-parole d’Epic. « Nous sommes impatients de poursuivre notre combat pour une concurrence accrue dans la distribution d’applications et le traitement des paiements en Australie et dans le monde ».

Apple envisage de faire appel de la décision.

« La décision initiale d’avril de la Cour fédérale australienne a correctement statué qu’Epic devait être tenu de respecter l’accord qu’il avait conclu pour résoudre les différends en Californie. Nous sommes respectueusement en désaccord avec la décision rendue aujourd’hui et prévoyons de faire appel », a déclaré un porte-parole.

La décision du juge Rogers devrait être rendue dans les prochains mois. L’issue du procès américain pourrait changer tout ce que nous savons sur le fonctionnement de l’App Store d’Apple, ainsi que du Play Store de Google. Rogers pourrait forcer Apple à ne pas tenir compte de ses préoccupations concernant la sécurité des applications, en autorisant d’autres magasins d’applications et le traitement des paiements dans ses appareils. Les experts juridiques, les législateurs et les régulateurs surveillent cette bataille de près, considérant l’affaire comme un premier aperçu de la façon dont les lois antitrust pourraient s’appliquer aux géants de la technologie.

Source : décision de justice

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Chroniqueur Actualités

Le 27/08/2021 à 23:39

Apple laissera enfin les développeurs informer les utilisateurs des options d’achat hors App Store,

une « tentative désespérée d’éviter le jugement des tribunaux » selon Epic

Apple a accepté un règlement de recours collectif qui permettra aux développeurs d’applications de mettre en œuvre des systèmes de paiement en dehors de l’App Store et de communiquer directement avec les clients à leur sujet. Auparavant, une application serait supprimée de l’App Store si elle contournait les systèmes de paiement d’Apple et les commissions d’achat in-app. Le règlement lèvera cette restriction et sera applicable à toutes les applications.

Apple laissera enfin les développeurs informer les utilisateurs des options d’achat disponibles en dehors de l’App Store iOS. Le fabricant d’iPhone a accepté cette concession et d’autres, y compris 100 millions de dollars de paiements aux développeurs, dans le cadre d’une proposition de règlement d’un recours collectif déposé par deux développeurs d’applications en 2019.

Apple et les développeurs plaignants qui ont poursuivi la société ont déposé des requêtes exhortant un juge fédéral à approuver le règlement.

Le règlement verra Apple créer des directives modifiées qui permettront aux développeurs d’utiliser des communications, telles que le courrier électronique, pour partager des informations sur les méthodes de paiement en dehors de leur application iOS. Les développeurs n’auront pas à payer de commission à Apple sur les achats effectués en dehors de leur application ou de l’App Store.

Le règlement met fin à un recours collectif de deux ans qui a été intenté par environ 67 000 développeurs dont les applications résidaient sur le marché de l’App Store.

« Apple a accepté de réviser ses directives App Store pour permettre aux développeurs de toutes les catégories d’applications de communiquer avec des clients consentants en dehors de leur application, y compris par e-mail et d’autres services de communication, à propos de méthodes d’achat autres que l’achat via l’application… Cette injonction est extrêmement précieux. En informant les clients des options de paiement alternatives, les développeurs peuvent éviter de payer les commissions d’Apple et, en outre, exercer une pression concurrentielle sur Apple pour discipliner ses prix », ont déclaré les plaignants.

Le terme de règlement ne permettrait pas aux développeurs d’informer les utilisateurs sur les options d’achat non App Store au sein des applications elles-mêmes, nécessitant que cette communication ait lieu en dehors des applications. Les créateurs d’applications pourraient contacter les clients à l’aide d’adresses e-mail et de numéros de téléphone obtenus dans leurs applications et leur dire comment acheter des abonnements et d’autres contenus numériques sur les propres sites Web des développeurs ou ailleurs.

Apple n’autorise actuellement pas les développeurs à « utiliser les informations de contact (e-mails, numéros de téléphone, etc.) obtenues dans une application pour contacter leur base d’utilisateurs en dehors de l’application », ce qui « empêche effectivement les développeurs d’alerter leurs clients sur d’autres options de paiement », rappellent les plaignants. « Le règlement proposé lève cette restriction, et il le fait pour toutes les catégories d’applications ».

Il n’est pas clair si Apple apportera le changement dans un proche avenir ou attendra que le règlement soit approuvé et mis en œuvre. Il n’y avait aucune mention du Mac App Store dans les requêtes de règlement.

Pour les trois prochaines années, cependant, l’App Store aura des frais de commission réduits de 15% pour les petites entreprises. Le fabricant d’iPhone versera également 100 millions de dollars aux petits développeurs basés aux États-Unis, allant de 250 à 30 000 dollars en fonction de la taille du développeur dans le cadre du règlement. Les petites entreprises et les développeurs sont ceux qui gagnent moins d’un million de dollars de revenus par an.

Apple n’a pas précisé si la commission réduite de 15 % continuerait de s’appliquer après la période de trois ans.

Le fabricant d’iPhone a également accepté de publier un rapport de transparence annuel qui fournit des statistiques sur le nombre d’applications rejetées et les raisons pour lesquelles elles ont été rejetées, le nombre de comptes clients et développeurs désactivés, des données objectives concernant les requêtes et les résultats de recherche, et le nombre d’applications supprimées de l’App Store.

Déclaration d’Apple

Apple a annoncé aujourd’hui un certain nombre de changements à venir dans l’App Store qui, en attendant l’approbation du tribunal, résoudront un recours collectif des développeurs américains. Les termes de l’accord contribueront à faire de l’App Store une opportunité commerciale encore meilleure pour les développeurs, tout en maintenant la place de marché sûre et fiable que les utilisateurs aiment. Apple apprécie les commentaires et les idées des développeurs qui ont contribué à éclairer l’accord, et respecte le processus de révision judiciaire en cours.

L’accord précise que les développeurs peuvent partager des options d’achat avec des utilisateurs en dehors de leur application iOS*; étend les prix que les développeurs peuvent proposer pour les abonnements, les achats intégrés et les applications payantes*; et établit un nouveau fonds pour aider les développeurs américains éligibles. Les mises à jour constituent le dernier chapitre des efforts de longue date d’Apple pour faire de l’App Store un marché encore meilleur pour les utilisateurs et les développeurs.

« Depuis le début, l’App Store a été un miracle économique ; c’est l’endroit le plus sûr et le plus fiable pour les utilisateurs pour obtenir des applications, et une opportunité commerciale incroyable pour les développeurs d’innover, de prospérer et de grandir », a déclaré Phil Schiller, Apple Fellow qui supervise l’App Store. « Nous tenons à remercier les développeurs qui ont travaillé avec nous pour conclure ces accords à l’appui des objectifs de l’App Store et au profit de tous nos utilisateurs ».

Offrir plus de flexibilité et de ressources aux petits développeurs

À la suite d’un dialogue productif, Apple et les plaignants dans l’affaire des développeurs Cameron et al contre Apple Inc. sont parvenus à un accord qui identifie sept priorités clés partagées par Apple et les petits développeurs, qui a été soumis au juge présidant l’affaire pour son approbation.

  • Pour valider le succès du programme App Store Small Business, Apple et les développeurs ont convenu de maintenir le programme dans sa structure actuelle pendant au moins les trois prochaines années. Les entreprises gagnant moins d’un million de dollars par an continueront de bénéficier de la commission réduite, tandis que les grands développeurs paient la commission standard de l’App Store sur les achats d’applications et les paiements intégrés.
  • App Store Search a toujours eu pour objectif de permettre aux utilisateurs de trouver facilement les applications qu’ils recherchent. À la demande des développeurs, Apple a accepté que ses résultats de recherche continueront d’être basés sur des caractéristiques objectives telles que les téléchargements, le nombre d’étoiles, la pertinence du texte et les signaux de comportement des utilisateurs. L’accord maintiendra le système de recherche App Store actuel en place pendant au moins les trois prochaines années.
  • Pour donner aux développeurs encore plus de flexibilité pour atteindre leurs clients, Apple précise également que les développeurs peuvent utiliser des communications, telles que le courrier électronique, pour partager des informations sur les méthodes de paiement en dehors de leur application iOS. Comme toujours, les développeurs ne paieront pas de commission à Apple sur les achats effectués en dehors de leur application ou de l’App Store. Les utilisateurs doivent consentir à la communication et ont le droit de se retirer.
  • Apple augmentera également le nombre de niveaux de prix disponibles pour les développeurs pour les abonnements, les achats intégrés et les applications payantes de moins de 100 à plus de 500. Les développeurs continueront de fixer leurs propres prix.
  • Apple conservera la possibilité pour les développeurs de faire appel du rejet d’une application sur la base d’un traitement perçu comme injuste, un processus qui continue de s’avérer fructueux. Apple a accepté d’ajouter du contenu au site Web App Review pour aider les développeurs à comprendre le fonctionnement du processus d’appel.
  • Au cours des dernières années, Apple a fourni de nombreuses nouvelles informations sur l’App Store sur apple.com. Apple a accepté de créer un rapport de transparence annuel basé sur ces données, qui partagera des statistiques significatives sur le processus d’examen des applications, y compris le nombre d’applications rejetées pour différentes raisons, le nombre de comptes clients et développeurs désactivés, des données objectives concernant les requêtes de recherche et les résultats. , et le nombre d’applications supprimées de l’App Store.
  • Apple créera également un fonds pour aider les petits développeurs américains, d’autant plus que le monde continue de souffrir des effets du COVID-19. Les développeurs éligibles doivent avoir gagné 1 million de dollars ou moins via la vitrine américaine pour toutes leurs applications au cours de chaque année civile au cours de laquelle les développeurs avaient un compte entre le 4 juin 2015 et le 26 avril 2021, soit 99 % des développeurs aux États-Unis. Les détails seront disponibles à une date ultérieure.


Le projet de loi antitrust pourrait forcer des changements plus importants

La concession a lieu alors qu’Apple fait face à des pressions antitrust, notamment une législation qui pourrait obliger Apple à autoriser le chargement latéral d’applications sur iOS et des magasins d’applications tiers. Ce projet de loi, l’Open App Markets Act, a été proposé par les sénateurs américains Richard Blumenthal (D-Conn.), Marsha Blackburn (R-Tenn.) et Amy Klobuchar (D-Minn.).

Blumenthal a publié une déclaration qualifiant le règlement de « signe puissant que la mainmise d’Apple et de Google sur les marchés des magasins d’applications est purement égoïste ».

« Cela marque un pas en avant important, mais ne rectifie pas l’éventail complet et flagrant d’abus et de pratiques de marché encore répandus sur les marchés d’applications auxquels Open App Markets Act s’attaquerait », a-t-il déclaré. « La décision d’aujourd’hui ne fait qu’exposer davantage les abus anticoncurrentiels endémiques sur les marchés des applications. Le statu quo du renard qui garde le poulailler restera jusqu’à ce qu’il y ait des règles claires et applicables pour Apple et Google ».


Un groupe qui inclut Epic Games appelle cela un « règlement fictif »

Apple fait également face à un procès concernant l’App Store lancé par Epic Games, l’éditeur de Fortnite. Le groupe de défense Coalition for App Fairness lancé par Epic et d’autres sociétés telles que Spotify et Match Group a qualifié le règlement d’Apple de « simulacre ». Le communiqué du groupe disait :

« L’offre de règlement fictive d’Apple n’est rien de plus qu’une tentative désespérée d’éviter le jugement des tribunaux, des régulateurs et des législateurs du monde entier. Cette offre ne fait rien pour résoudre les problèmes structurels et fondamentaux auxquels sont confrontés tous les développeurs, grands et petits, ce qui compromet l’innovation et la concurrence dans l’écosystème des applications. Permettre aux développeurs de communiquer avec leurs clients sur des prix plus bas en dehors de leurs applications n’est pas une concession et met en évidence le contrôle total d’Apple sur le marché des applications. Si ce règlement est approuvé, les créateurs d’applications ne pourront toujours pas communiquer sur des prix plus bas ou proposer des options de paiement concurrentes au sein de leurs applications. Nous ne nous laisserons pas apaiser par des gestes vides de sens et continuerons notre combat pour des plateformes numériques justes et ouvertes ».

Sources : proposition de règlement, Apple, App Fairness

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Le 31/08/2021 à 21:55

La Corée du Sud adopte un projet de loi interdisant à Apple et Google de limiter les développeurs à leurs système de paiement,

les utilisateurs pourront choisir le système lors d’un achat in-app

La Corée du Sud a adopté un projet de loi écrit pour empêcher les principaux propriétaires de plateformes comme Google et Apple de limiter les développeurs d’applications aux systèmes de paiement intégrés. Le projet de loi devrait maintenant être promulgué par le président Moon Jae-in, dont le parti a défendu la législation.

Le projet de loi a été adopté à 180 voix contre zéro, faisant de la Corée du Sud la première grande puissance économique à adopter une telle législation.

Le projet de loi sud-coréen offrira la possibilité aux utilisateurs de choisir un système de paiement lors de l’achat d’applications.

« Cette loi va certainement créer un précédent pour d’autres pays, ainsi que pour les éditeurs d’applications et les créateurs de contenu du monde entier », a déclaré à l’AFP Kang Ki-hwan, de la Korea Mobile Internet Business Association.

Le projet de loi est un coup dur pour Google et Apple qui exigent tous deux que les achats intégrés ne transitent que par leurs systèmes, au lieu des processeurs de paiement externes, permettant aux grandes enseigne de la technologie de percevoir une réduction de 30%. Si les entreprises technologiques ne se conforment pas à la nouvelle loi, elles s’exposent à des amendes pouvant atteindre 3 % de leurs revenus sud-coréens.

La loi est un amendement apporté au Telecommunications Business Act de la Corée du Sud, et elle pourrait avoir un impact important sur la façon dont le Play Store de Google et l’App Store d’Apple font des affaires à l’échelle mondiale. L’Assemblée nationale de Corée du Sud a adopté le projet de loi mardi.

Aucune des deux sociétés n’en est satisfaite. Dans un communiqué, Google a défendu ses frais de service, qui, selon lui, « aident à garder Android gratuit » et donnent aux développeurs « les outils et la plateforme mondiale pour accéder à des milliards de consommateurs dans le monde ».

« Tout comme cela coûte de l’argent aux développeurs de créer une application, cela nous coûte de l’argent de créer et maintenir un système d’exploitation et une boutique d’applications », a déclaré un porte-parole de Google. « Nous réfléchirons à la manière de nous conformer à cette loi tout en maintenant un modèle qui prend en charge un système d’exploitation et une boutique d’applications de haute qualité, et nous partagerons davantage dans les semaines à venir ».

Apple pour sa part a fait le communiqué suivant :

« Le projet de loi sur les entreprises de télécommunications exposera les utilisateurs qui achètent des biens numériques à d’autres sources à un risque de fraude, sapera la protection de leur vie privée, rendra difficile la gestion de leurs achats et des fonctionnalités telles que « Demander à acheter » et le contrôle parental deviendront moins efficaces. Nous pensons que la confiance des utilisateurs dans les achats de l’App Store diminuera à la suite de cette proposition, ce qui entraînera moins d’opportunités pour les plus de 482 000 développeurs enregistrés en Corée qui ont gagné plus de 8*550 milliards de KRW à ce jour avec Apple ».

Les lobbyistes des deux sociétés auraient fait valoir auprès de responsables américains que la législation coréenne viole un accord commercial, car elle cherche à contrôler les actions des sociétés basées aux États-Unis.

Le Play Store de Google a généré près de 6.000 milliards de wons (4,3 milliards d’euros) de recettes en 2019, soit 63% des ventes totales d’applications dans le pays, suivies par l’App Store d’Apple qui a représenté 24,4%, selon les données du ministère des Sciences de Séoul.

Le duopole Apple-Google dans le viseur de plusieurs régulateurs dans le monde

La Corée du Sud n’est pas le seul pays qui essaie de faire plier les grandes enseignes américaines de la technologie à sa volonté. La Russie par exemple exige que les appareils tournant sur Android ou iOS soient vendus avec des applications préinstallées créées par des développeurs russes, et l’Australie envisage de réglementer des services comme Apple Pay et Google Pay. Aux Etats-Unis, trois sénateurs ont proposé en août une loi visant à réguler les deux firmes dominantes et contraindre le duopole Google-Apple à s’ouvrir beaucoup plus à la concurrence. Les parlementaires européens discutent également d’une telle loi.

Mais la nouvelle législation sud-coréenne pourrait finir par créer un précédent mondial.

Apple et Google ont tous deux essayé d’éviter de telles actions en modifiant les politiques de leurs magasins. Google a déclaré que cela ne prendrait que 15% du premier million de dollars des développeurs au lieu de 30%. Apple a présenté son App Store Small Business Program, qui a réduit de moitié la part perçu par Apple auprès des développeurs gagnant moins d’un million de dollars par an sur sa boutique. Apple a également accepté de laisser les développeurs informer leurs utilisateurs des options de paiement en dehors de l’App Store, en utilisant les adresses e-mail que les utilisateurs leur ont fournies. Auparavant, une application serait supprimée de l’App Store si elle contournait les systèmes de paiement d’Apple et les commissions d’achat in-app.

Le terme de règlement ne permettrait pas aux développeurs d’informer les utilisateurs sur les options d’achat non App Store au sein des applications elles-mêmes, nécessitant que cette communication ait lieu en dehors des applications. Les créateurs d’applications pourraient contacter les clients à l’aide d’adresses e-mail et de numéros de téléphone obtenus dans leurs applications et leur dire comment acheter des abonnements et d’autres contenus numériques sur les propres sites Web des développeurs ou ailleurs.

Apple n’autorise actuellement pas les développeurs à « utiliser les informations de contact (e-mails, numéros de téléphone, etc.) obtenues dans une application pour contacter leur base d’utilisateurs en dehors de l’application », ce qui « empêche effectivement les développeurs d’alerter leurs clients sur d’autres options de paiement », rappellent les plaignants. « Le règlement proposé lève cette restriction, et il le fait pour toutes les catégories d’applications ». L’éditeur propose donc de lâcher un peu de lest.

Apple et Google ont tous deux été confrontés à des défis juridiques malgré les changements, le plus notable provenant d’Epic Games. Epic a fait valoir qu’Apple et Google ont utilisé leurs positions dominantes pour dicter ce qui pouvait et ne pouvait pas être fait avec leurs téléphones. Bien que l’argument d’Epic soit différent contre chaque entreprise, ils partagent la même plainte principale*: la domination d’Apple et de Google sur les magasins d’applications. Les deux affaires sont toujours en cours.

La proposition d’Apple n’a pas été suivie par la liesse de Spotify et Epic. Elles poursuivent leurs campagnes juridiques, pour de multiples raisons : toutes les deux, par exemple, veulent pouvoir indiquer à leurs clients directement dans leur application iOS qu’ils peuvent payer moins cher en allant ailleurs.

À l’heure actuelle, par exemple, si vous êtes un utilisateur d’iPhone qui souhaite mettre à niveau votre service Spotify gratuit vers un service payant, Spotify vous dit simplement que vous ne pouvez pas le faire sur votre application, sans aucune autre instruction sur la façon de le faire. Vous êtes confrontés à un « Nous savons que ce n’est pas idéal ».

Mais les griefs de Spotify à l’endroit d’Apple vont au-delà de la façon dont il peut faire de la publicité. Une grande partie de la plainte du service de musique est qu’il fait face à une concurrence encore plus féroce du propre service de musique en streaming d’Apple, car Apple n’a pas à payer de taxe App Store sur ses propres services.

Epic, quant à lui, veut bien plus que la possibilité de diriger les clients vers son propre site. Il dit vouloir gérer sa propre boutique d’applications au sein de l’App Store d’Apple, puis, éventuellement, gérer sa propre boutique d’applications concurrente. Et Apple n’en veut pas.

D’ailleurs, sur Twitter, Spotify a déclaré : « Les récents « changements » d’Apple ne répondent à aucune des principales préoccupations que Spotify et bien d’autres ont avec Apple », relayant les propos de Horacio Gutiierrez, Head of Global Affairs and Chief Legal Officer chez Spotify qui a estimé que « les propositions d’Apple ne répondent pas aux aspects les plus basiques des pratiques injustes et anticoncurrentielles de l’App Store. Elles sont une tentative de distraction à l’endroit des politiciens et des régulateurs et ralentissent le dynamisme qui se développe dans le monde pour corriger leur comportement. Apple a été autorisé à abuser de sa position dominante pendant des années et nous continuons à chercher de vraies réformes pour nous assurer que les entreprises puissent innover et se faire concurrence équitablement ».

Source : WSJ

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Le 20/08/2021 à 11:02

Epic Games affirme que Google s’est entendu avec les constructeurs de téléphones pour éviter de perdre 1,1 milliard de dollars de bénéfice,

si d’autres développeurs venaient à suivre l’exemple d’Epic

Il a été quelque peu déroutant de savoir pourquoi Epic a poursuivi Google alors que la société pouvait facilement charger des applications sur Android et contourner les restrictions imposées par Google sur la distribution et le partage des revenus en évitant de la publier sur Google Play Store.

Il s’avère qu’Epic avait de nombreuses raisons d’être contrarié par Google, selon une version non censurée de la plainte initiale d’Epic contre Google qui a été descellée par le juge James Donato.

L’entente avec les OEM pour évincer les initiatives comme celle du sideloading de Fortnite sur Android

Pour mémoire, en 2018, Epic a fait un pari audacieux : apporter son jeu Fortnite sur Android en décidant de se passer de Google et des 30 % de commissions touchées pour les applications publiées sur Play Store.

« Le 9 août, nous avons lancé la bêta Android de Fortnite sur certains appareils de nos partenaires chez Samsung. Quelques jours plus tard, nous avons lancé des invitations à un sous-ensemble de propriétaires d’appareils Android auprès de divers fabricants de combinés. Nous avons beaucoup appris de la version bêta en ce qui concerne les performances, la sécurité, la compatibilité des appareils et la fourniture de Fortnite sur Android via Fortnite Installer », raconte l’équipe dans un long billet technique.

Quel était le bilan un mois plus tard ? « Au cours des 21 premiers jours qui ont suivi le lancement de Fortnite sur Android, l’intérêt a été très vif, avec plus de 23 millions de joueurs entrant dans notre version bêta Android et plus de 15 millions de joueurs ayant installé notre APK. Alors que nous sommes dans une phase d’invitation seulement pour Android, notre conversion des joueurs invités à jouer est similaire à celle de la bêta iOS », explique Epic.

Google craignait que d’autres sociétés copient Epic et a bloqué cette possibilité en érigeant des obstacles illégaux, a affirmé Epic dans un procès antitrust intenté contre Google l’année dernière. Google a déclaré que la plainte reste sans fondement et dénature les conversations commerciales. Un procès n’a pas été programmé.

Parmi les nouveaux détails qu’un juge avait demandé à l’époque de ne pas laisser filtrer, Google a estimé en 2019 que jusqu’à 6 milliards de dollars de revenus Play et 1,1 milliard de dollars de bénéfices seraient menacés rien qu’en 2022 si l’approche d’Epic se répandait et que les magasins alternatifs réussissaient, selon la plainte.

Mais Google a évité ce scénario en choisissant de payer les fabricants de smartphones pour ne pas intégrer la boutique d’applications d’Epic, car il craignait que d’autres développeurs ne quittent le Google Play Store.

En 2019, l’entreprise a lancé le « Premier Device Program » pour payer les fabricants de téléphones tels que LG, Motorola, Oppo et Vivo, Sony, Sharp, Xiaomi et Nokia afin d’assurer l’exclusivité du Play Store et de limiter l’attrait de partenariats similaires à ce qu’Epic avait conclu avec Samsung, selon les détails récemment publiés. Les partenaires ont reçu 12% des revenus de recherche de Google de leurs téléphones, contre 8% traditionnellement, pour ne pas livrer des téléphones avec des magasins d’applications concurrents, selon le document. Certains partenaires, dont LG Electronics Inc et Motorola du groupe Lenovo, ont également reçu 3 à 6 % des « dépenses Google Play » effectuées sur leurs appareils.

« Le comportement anticoncurrentiel de Google s’est déroulé de la manière suivante : Google a commencé à offrir aux OEM la possibilité de participer à son « Premier Device Program » à partir de 2019. Bien que Google ait précédemment offert aux OEM qui ont signé ses MADA (ndlr. Mobile Application Distribution Agreement) restrictifs la possibilité de participer à un RSA (ndlr. Revenue Sharing Agreement), le nouvel accord « Premier » contient encore plus de restrictions sur les OEM. Les propres documents de Google reconnaissent que les accords de niveau « Premier » imposent « l’exclusivité et les valeurs par défaut de Google pour toutes les fonctions clés : aucune application avec des droits d’installation APK » sur les appareils Premier, ce qui signifie que l’OEM ne peut pas installer d’applications avec la possibilité d’installer d’autres applications (en d’autres termes, les magasins d’applications ou le Fortnite Launcher Epic cherchaient à être distribués en dehors de Play). Google a reconnu que les nouveaux accords Premier entraînent une « exclusivité » pour Google Play sur les appareils couverts. En échange de ces engagements d’exclusivité, Google a offert aux OEM diverses formes d’incitations financières, dont 4 % des revenus de recherche de Google générés par les appareils couverts (en plus des 8 % des revenus de recherche que Google s’engage déjà à verser aux OEM qui signent un RSA non-Premier et un MADA), ainsi que d’autres incitations financières telles que des primes mensuelles. Pour certains équipementiers, dont LG et Motorola, Google a également accepté de payer entre 3 et 6 % des « dépenses de Play » engagées sur les appareils Premier fabriqués par les équipementiers, structurant l’accord « pour accroître l’attrait global » et verrouiller son pouvoir de monopole dans des « [zones géographiques] à monétisation élevée » (comme aux États-Unis, où LG et Motorola vendent les appareils mobiles Android les plus populaires en dehors des appareils Samsung). Les RSA de Google jouent un rôle important en incitant les OEM à signer un MADA, car les OEM ne peuvent pas bénéficier des avantages d’un RSA sans être partie à un MADA ».

Le projet Agave

Si ces tactiques vous semblent familières, c’est peut-être parce que 36 procureurs généraux ont allégué que Google avait utilisé exactement les mêmes accords de silence contre le Galaxy Store de Samsung, dans le cadre de la poursuite antitrust qu’ils ont intentée contre Google en juillet. Google l’a appelé « Projet Agave », selon Epic :

« Epic n’a pas les détails d’un accord conclu par Google avec Samsung dans le cadre du projet Agave, car Google n’a pas encore produit de nombreux documents sous-jacents à Epic, et Google a maintenu des censures sur les allégations pertinentes des États lorsque Google a produit la plainte des États à Epic. Mais les documents que Google a fournis à Epic révèlent que Google a cherché un « accord chirurgical individuel » avec Samsung, dans lequel Google garantirait, entre autres, des « protections de jeu » et en échange donnerait à Samsung une « part de revenu sur navigateurs et assistant », un pourcentage « de la part de revenu Play sur IAP optimisé par Google » et « des intégrations de facturation pour App Gallery » ».

Apparemment, Google considérait le soi-disant « Premier Device Program » comme un énorme succès :

« Dans une présentation préparée et présentée aux cadres supérieurs de Google Play, Google a noté qu’en peu de temps depuis le début du programme, plus de 200 millions de nouveaux appareils ont été couverts. La même présentation montre que Google pensait que les nouveaux RSA éliminaient avec succès le « risque de contagion des développeurs d’applications » ; notant qu’il n’y avait « aucun risque » sous le « niveau Premier actuel » ».

La tentative de rachat d’Epic par Google en passant par Tencent, propriétaire minoritaire

Google a même suggéré l’idée d’acheter Epic pour éliminer la menace (en passant dans le dos d’Epic et en approchant le propriétaire minoritaire Tencent, le géant chinois de la technologie qui détient actuellement une participation de 40% dans Epic). Les suggestions étaient « soit (a) acheter des actions Epic à Tencent pour avoir plus de contrôle sur Epic », soit « (b) rejoindre Tencent pour acheter 100% d’Epic », est-il indiqué dans la plainte.

Et cela s’ajoute aux transactions que Google a eues directement avec Epic en juillet 2018, lorsque le directeur financier d’Alphabet et d’autres cadres supérieurs de Google auraient offert jusqu’à 208 millions de dollars en « avantages spéciaux » sur trois ans pour amener Fortnite sur Google Play (Google aurait proposé de prendre 25 pour cent des revenus du jeu au lieu des 30 pour cent standard). Google aurait tenté de convaincre Epic de conclure l’accord en soulignant le processus « franchement abyssal » de plus de 15 étapes que les joueurs devraient endurer pour charger Fortnite sur Android.

Curieusement, cette proposition est venue le mois avant qu’Epic n’annonce qu’il abandonnait le Play Store. Cela suggère que Google a eu un accès anticipé aux plans de sideloading d’Epic, malgré les instructions du PDG Tim Sweeney en février 2018 à son équipe de « NE RIEN DIRE JUSQU’À CE QUE CELA SOIT LIVRÉ ».

Google payait également des développeurs tels qu’Activision Blizzard pour les tenir à l’écart des magasins d’applications alternatifs tels que le Samsung Galaxy Store.

Les initiatives peuvent être vues résumées dans la diapositive de Google ci-dessous :

« Google a conclu des accords préférentiels avec les principaux développeurs d’applications mobiles, tels qu’Activision Blizzard, dans le cadre d’une initiative que Google appelait à l’origine Project Hug et se réfère désormais aux programmes Apps and Games Velocity. Ces accords permettent à Google de garder son comportement monopolistique publiquement incontesté. Mais Epic n’est pas intéressé par des accords parallèles qui pourraient profiter à Epic seul tout en laissant intactes les restrictions anticoncurrentielles de Google ; au lieu de cela, Epic se concentre sur l’ouverture de l’écosystème Android au profit de tous les développeurs et consommateurs ».

Epic ne cherche pas de compensation financière

Dans sa plainte, Epic précise :

« Google a acquis le système d’exploitation mobile Android il y a plus de dix ans, promettant à plusieurs reprises au fil du temps qu’Android serait la base d’un écosystème « ouvert » dans lequel les acteurs de l’industrie pourraient librement innover et rivaliser sans restrictions inutiles. Le PDG de Google, Sundar Pichai, a déclaré en 2014 qu’Android « est l’un des systèmes les plus ouverts que j’aie jamais vus ». Et Andy Rubin, un fondateur d’Android qui est décrit par certains comme étant le « père d’Android », a déclaré lorsqu’il a quitté Google en 2013 « qu’à la base, Android a toujours été axé sur l’ouverture ». Depuis, Google a changé de ligne de conduite, fermant délibérément et systématiquement l’écosystème Android à la concurrence, rompant ainsi les promesses qu’il avait faites. Le comportement anticoncurrentiel de Google est désormais condamné par les régulateurs du monde entier (…).

« Epic ne demande pas à cette Cour d’indemnisation pécuniaire pour les préjudices qu’elle a subis. Epic ne cherche pas non plus un accord parallèle ou un traitement favorable de Google pour lui-même. Au lieu de cela, Epic demande une injonction qui tiendrait la promesse non tenue de Google : un écosystème Android ouvert et compétitif pour tous les utilisateurs et participants de l’industrie. Une telle mesure d’injonction est absolument nécessaire. »

Source : plainte

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Le 07/08/2021 à 18:20

Epic a investi 500 millions de dollars dans l’Epic Games Store et ne s’attend pas à faire des bénéfices avant 2027,

l’éditeur peut se le permettre grâce aux revenus d’Unreal Engine et Fortnite

Epic Games a lancé Epic Game Store en décembre 2018 avec l’idée de contrer l’hégémonie de Steam, la plateforme de distribution de contenu en ligne et de gestion des droits et de communication développée par Valve. Epic Games Store s’est doté d’une politique assez particulière pour attirer les développeurs : prélever 12 % seulement des revenus de ventes sur la plateforme, ce qui laisse effectivement 88 % aux personnes qui bossent dur pour développer les jeux. On peut dire que l’entreprise a littéralement cassé le marché puisqu’à cette époque, son concurrent Steam en prélevait 30 %. « Puisque nous sommes des développeurs nous-même, nous avons toujours voulu une plateforme avec une bonne économie qui nous met directement en relation avec nos joueurs. Grâce au succès de Fortnite, nous avons cela désormais et nous sommes prêts à le partager avec les autres développeurs », avait expliqué Tim Sweeney, le PDG d’Epic Games.

Aussitôt après la sortie du magasin, Epic Games a conclu plusieurs contrats d’exclusivité avec des jeux prestigieux tels que Borderlands 3 et The Division 2, empêchant ainsi leur apparition sur Steam. La pratique a été controversée, suscitant beaucoup de colère parmi les joueurs sur PC, d’autant plus que l’Epic Game Store manquait de nombreuses fonctionnalités qui rendraient Steam si attrayant pour les joueurs. En effet, les joueurs sur PC habitués aux milliers de nouveaux jeux qui inondent chaque année Steam ont été surpris, car lors du Game Awards du 6 décembre 2018, Epic avait lancé son Game Store avec seulement trois titres tiers et quelques autres étaient marqué « bientôt disponible ». Pour les développeurs, être sur Epic Store est une aubaine, car cela donne 88 % des revenus générés par les jeux aux personnes qui les fabriquent.

En somme, Epic n’a pas hésité à attirer les développeurs à grand coup d’avantages financiers : des exclusivités pour l’Epic Games Store qui ne sortent pas sur Steam, des contrats d’édition en or, ou encore des jeux offerts à tous utilisateurs du Epic Games Store régulièrement. Bien entendu, tout cela a un coût.

Des pertes colossales

Les chiffres bruts, comme indiqué dans un document « Proposed Findings of Fact and Conclusions of Law » déposé par Apple dans le cadre du litige qui l’oppose à l’éditeur de Fortnite, montrent des pertes massives encourues et projetées pour le hub de téléchargement de jeux d’Epic. Les documents et témoignages d’Epic lui-même montrent une perte de 181 millions de dollars pour son store en 2019 et des pertes projetées de 273 millions de dollars en 2020 et de 139 millions de dollars en 2021.

Vous pourriez penser qu’Epic subit ces pertes parce que l’entreprise a opté pour ne prélever que 12 % des revenus des jeux tiers (quand dans l’industrie le standard est une commission de 30 % sur d’autres vitrines numériques). Cela semble ne pas être le cas puisque, dans ses propres documents judiciaires, Epic affirme que 12 % des revenus ont été « suffisants pour couvrir ses coûts de distribution et permettre davantage d’innovation et d’investissement dans EGS ».

Le principal moteur des pertes d’EGS, au contraire, est le programme généreux d’Epic de « garanties minimum ». Celles-ci englobent les paiements anticipés qu’Epic a utilisés pour avoir autant d’exclusivités dans sa vitrine et couvrent apparemment également les jeux gratuits qu’Epic met à la disposition des utilisateurs d’Epic Games Store chaque semaine.

Ces types de transactions peuvent être assez coûteuses pour Epic ; 505 Games, l’éditeur du jeu Control, aurait reçu plus de 10 millions de dollars de paiements initiaux garantis d’Epic pour l’exclusivité EGS de ce jeu. Et même si un jeu comme Control peut couvrir cette avance (ce qui nécessiterait environ 200 000 ventes au prix fort), Epic ne parvient probablement pas à rentrer dans ses frais avec de nombreuses exclusivités moins connues.

Epic a également déclaré l’année dernière :

« Il y a maintenant plus de 160 millions d’utilisateurs de PC sur Epic Games Store. Les utilisateurs actifs quotidiens sont en hausse de 192 % à 31,3 millions de joueurs actifs quotidiens, avec un pic de CCU de 13 millions de joueurs simultanés cette année (contre 7 millions en 2019). Les utilisateurs actifs mensuels en décembre sont passés de 32 millions en 2019 à 56 millions.

« Cette poussée de croissance des joueurs a également conduit à une augmentation des achats et du temps de jeu! En 2020, les clients PC sur Epic Games Store ont dépensé plus de 700 millions de dollars, dont les jeux tiers représentaient 37 % à 265 millions de dollars. L’année dernière, la communauté Epic Games Store a joué 70 % d’heures supplémentaires avec un temps de jeu total de 5,70 milliards d’heures en 2020 contre 3,35 milliards d’heures en 2019.

« Nous faisons des progrès pour offrir plus de titres sur la boutique en intégrant plus de développeurs et en introduisant leurs titres dans l’écosystème Epic Games. L’Epic Games Store est passé de 190 jeux en 2019 à 471 en 2020. Nous avons publié 103 jeux gratuits hebdomadaires qui constituaient une grande partie des titres qui ont fait leur chemin vers le Store. En 2021, nous allons étendre encore plus rapidement le catalogue de nouveaux titres disponibles sur Epic Games Store en fournissant aux développeurs des outils d’auto-édition pour la plateforme EGS et nous publierons bientôt des détails sur ces plans spécifiques ».

Selon le graphique disponible, les utilisateurs d’EGS auraient demandé plus de 749 millions d’exemplaires de jeux gratuits en 2020. Ces jeux coûteraient des milliards de dollars s’ils étaient vendus normalement, même à des prix réduits.

Additionnez le tout, et Epic a fini par payer 444 millions de dollars de garanties minimales en 2020, selon le dossier du tribunal d’Apple (bien que ce nombre puisse théoriquement inclure de futures exclusivités ou des offres de jeux gratuits). En revanche, Epic a annoncé l’année dernière que les joueurs n’avaient dépensé que 265 millions de dollars pour tous les jeux Epic Game Store tiers combinés en 2020. Dans des documents judiciaires, Epic a également déclaré qu’il avait versé un total de plus de 700 millions de dollars à des développeurs EGS tiers. Cela suggère qu’Epic n’a gagné que 95 millions de dollars grâce à sa part de revenu EGS standard de 12 %.

Une stratégie bien définie ?

Dépenser 444 millions de dollars en garanties minimales en un an pour gagner seulement 95 millions de dollars en un peu plus de deux ans peut ne pas sembler pertinent. En effet, Apple note « qu’Epic a reconnu que les incitations et les investissements qu’il a faits pour tenter de développer EGS se traduiront par… au moins 330 millions de dollars de coûts non récupérés à partir des seules garanties minimales ».

Epic Games n’est pas dans le rouge pour autant. La firme peut remercier les revenus d’Unreal Engine et surtout de Fortnite, qui lui permet de financer ces investissements dans son store. D’ailleurs, les avocats d’Epic Games expliquent, quant à eux, que cette situation fait simplement partie du plan financier de l’entreprise, qui souhaite dans un premier temps investir un maximum pour alimenter l’Epic Games Store en jeux et avoir le public le plus large possible. Epic Games estime donc pouvoir être rentable dès 2023.

Dans le même cadre, les avocats d’Apple ont indiqué « qu’Epic Games Store n’est pas rentable et n’est pas comparable à l’App Store », notant qu’Epic Games Store « ne sera pas rentable avant au moins plusieurs années, voire jamais ».

Les avocats ont noté « qu’Epic a perdu environ 181 millions de dollars sur EGS en 2019. Epic prévoyait de perdre environ 273 millions de dollars sur EGS en 2020. En effet, Epic a engagé 444 millions de dollars en garanties minimales pour 2020 seulement, tout en projetant, même avec une croissance « significative », seulement 401 millions de dollars en chiffre d’affaires pour cette année. Epic reconnaît que cette tendance se poursuivra dans un avenir immédiat : Epic prévoit de perdre environ 139 millions de dollars en 2021 ».

Si nous prenons les chiffres les plus bas, cela représente un investissement de 493 millions de dollars de la part d’Epic depuis 2019, et Epic lui-même a reconnu que les « coûts non récupérés » s’élèveraient à au moins 330 millions de dollars. « Au mieux, Epic ne s’attend pas à ce qu’EGS ait un bénéfice brut cumulé avant 2027 ».

Bien sûr, tout cela doit être pris dans le contexte de ce qu’Epic essaie de faire avec Epic Games Store, et du fait qu’Epic est une entreprise extrêmement rentable à d’autres égards : elle peut se permettre d’amortir ces sommes à l’avenir en les considérant comme des investissements. Ainsi, si tout se passe bien, l’Epic Games Store deviendra un acteur incontournable de la distribution de jeux et très rentable.

L’une des demandes d’Epic dans sa bataille contre Apple est la possibilité d’apporter un Epic Games Store sur iOS, l’éditeur ne manque pas d’occasion d’indiquer vouloir apporter un taux de commission de 12 % via sa vitrine sur iOS. Les avocats d’Apple n’ont pas manqué de souligné que l’App Store et l’Epic Games Store n’offrent pas les mêmes services : « Bien que la commission d’Epic soit inférieure à celle d’Apple, elle n’offre pas tous les services fournis par Apple. EGS est essentiellement une vitrine— il manque les fonctionnalités intégrées qui font de l’App Store une plateforme souhaitable pour les consommateurs et les développeurs ».

Quoi qu’il en soit, vous pouvez dire une chose à propos de ce demi-milliard : Epic peut se le permettre.

Source : document judiciaire, Epic Games,

Voir aussi :

Epic Games fait l’acquisition de Sketchfab, une plateforme de partage de modèles 3D, et annonce une réduction de la commission qui passe de 30 à 12 % sur la vitrine en ligne

Epic remporte son appel en Australie contre Apple, l’affaire opposant l’éditeur de Fortnite à Apple concernant l’App Store sera bientôt portée devant un tribunal australien

Epic Games permettra aux développeurs d’utiliser gratuitement ses services anti-triche et de chat vocal, qu’ils pourront implémenter dans leurs jeux

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Le 03/09/2021 à 13:48

App Store : l’Inde pourrait être le prochain pays à obliger Apple à modifier sa politique concernant les paiements in-app

une enquête antitrust pourrait être lancée dans les semaines à venir

Apple fait face à une enquête antitrust en Inde pour avoir prétendument abusé de sa position dominante sur le marché des applications en forçant les développeurs à utiliser son système exclusif d’achat intégré, selon une source et des documents consultés par Reuters.

L’affaire indienne a été enclenchée par un groupe à but non lucratif peu connu qui soutient que les frais d’Apple pouvant atteindre 30% nuisent à la concurrence en augmentant les coûts pour les développeurs d’applications et les clients, tout en agissant également comme une barrière à l’entrée sur le marché. « L’existence de la commission de 30% signifie que certains développeurs d’applications n’atteindront jamais le marché… Cela pourrait également nuire aux consommateurs », était-il indiqué sur la plainte qui a été vue par Reuters.

Contrairement aux affaires judiciaires indiennes, les dossiers et les détails des affaires examinés par la Commission indienne de la concurrence (CIC) ne sont pas rendus publics. Dans les semaines à venir, la CIC examinera l’affaire et pourrait ordonner à son service d’enquête de mener une enquête plus large, ou la rejeter complètement si elle n’y trouve aucun fondement, a indiqué une source proche du dossier.

« Il y a de fortes chances qu’une enquête puisse être ordonnée, également parce que l’UE a lancé une enquête », a déclaré la personne, qui a refusé d’être identifiée car les détails de l’affaire ne sont pas publics.

Le plaignant, l’association à but non lucratif « Together We Fight Society », basée dans l’État indien du Rajasthan, dans l’ouest de l’Inde, a déclaré à Reuters dans un communiqué qu’il avait déposé une plainte dans l’intérêt de la protection des consommateurs et des startups indiens.

En Inde, bien qu’iOS d’Apple tournait à peine sur 2% des 520 millions de smartphones fin 2020 (le reste utilisant Android) d’après les mesures de Counterpoint Research, ce dernier affirme que la base de smartphones de la société américaine dans le pays a plus que doublé au cours des cinq dernières années.

Et en Inde en particulier, le régulateur mène actuellement une enquête similaire en ce qui concerne les paiements intégrés dans les applications Android, Google exige que les développeurs se servent de son système de paiement propriétaire dès lors qu’ils passent par Play Store. Google et Android dominent le marché indien des smartphones, avec le système d’exploitation actif sur 98% des 520 millions d’appareils utilisés dans le pays fin 2020.

Il sera intéressant de voir si davantage de pays vont suivre la tendance juridique actuelle. En attendant, faisons un tour d’horizon pour voir les changements qui s’opèrent dans le monde.


Cas de la Corée du Sud

La Corée du Sud a adopté un projet de loi écrit pour empêcher les principaux propriétaires de plateformes comme Google et Apple de limiter les développeurs d’applications aux systèmes de paiement intégrés. Le projet de loi devrait maintenant être promulgué par le président Moon Jae-in, dont le parti a défendu la législation.

Le projet de loi a été adopté à 180 voix contre zéro, faisant de la Corée du Sud la première grande puissance économique à adopter une telle législation.

Le projet de loi sud-coréen offrira la possibilité aux utilisateurs de choisir un système de paiement lors de l’achat d’applications.

« Cette loi va certainement créer un précédent pour d’autres pays, ainsi que pour les éditeurs d’applications et les créateurs de contenu du monde entier », a déclaré à l’AFP Kang Ki-hwan, de la Korea Mobile Internet Business Association.

Le projet de loi est un coup dur pour Google et Apple qui exigent tous deux que les achats intégrés ne transitent que par leurs systèmes, au lieu des processeurs de paiement externes, permettant aux grandes enseigne de la technologie de percevoir une réduction de 30%. Si les entreprises technologiques ne se conforment pas à la nouvelle loi, elles s’exposent à des amendes pouvant atteindre 3 % de leurs revenus sud-coréens.

La loi est un amendement apporté au Telecommunications Business Act de la Corée du Sud, et elle pourrait avoir un impact important sur la façon dont le Play Store de Google et l’App Store d’Apple font des affaires à l’échelle mondiale. L’Assemblée nationale de Corée du Sud a adopté le projet de loi mardi.

Aucune des deux sociétés n’en est satisfaite. Dans un communiqué, Google a défendu ses frais de service, qui, selon lui, « aident à garder Android gratuit » et donnent aux développeurs « les outils et la plateforme mondiale pour accéder à des milliards de consommateurs dans le monde ».

« Tout comme cela coûte de l’argent aux développeurs de créer une application, cela nous coûte de l’argent de créer et maintenir un système d’exploitation et une boutique d’applications », a déclaré un porte-parole de Google. « Nous réfléchirons à la manière de nous conformer à cette loi tout en maintenant un modèle qui prend en charge un système d’exploitation et une boutique d’applications de haute qualité, et nous partagerons davantage dans les semaines à venir ».

Cas du Japon

Apple a déclaré qu’elle laissera les développeurs des applications de type « lecteur » (pensez à Netflix, Spotify et l’application Kindle d’Amazon) relier directement leurs clients à leur propre site Web d’inscription, où ils pourraient potentiellement contourner entièrement le système de paiement intégré d’Apple (et sa commission de 30 %).

Dans un communiqué de presse, Apple affirme que cette décision mettra fin à une enquête de la Commission japonaise du commerce équitable (JFTC) et qu’elle ne s’appliquera qu’à ce type d’applications de « lecteur » pour le moment (une catégorie qui a été conçue à l’origine par Apple pour apaiser des entreprises comme Netflix et Hulu en leur permettant de laisser les utilisateurs se connecter simplement à leur compte existant au lieu de souscrire à un nouvel abonnement via l’App Store et d’avoir à payer les frais d’Apple). La particularité de cette mesure c’est qu’elle s’étendra sur le monde.

Voici le communiqué d’Apple à ce propos :

« Apple a annoncé aujourd’hui une mise à jour à venir sur l’App Store qui clôt une enquête de la Japan Fair Trade Commission (JFTC). La mise à jour permettra aux développeurs d’applications de « lecteur » d’inclure un lien dans l’application vers leur site Web pour que les utilisateurs puissent créer ou gérer un compte. Alors que l’accord a été conclu avec la JFTC, Apple appliquera ce changement à l’échelle mondiale à toutes les applications de lecture du magasin. Les applications de lecture fournissent du contenu précédemment acheté ou des abonnements à du contenu pour des magazines, des journaux, des livres, de l’audio, de la musique et des vidéos numériques.

« Pour garantir une expérience utilisateur sûre et transparente, les directives de l’App Store exigent que les développeurs vendent des services numériques et des abonnements à l’aide du système de paiement intégré à l’application d’Apple. Étant donné que les développeurs d’applications de lecture ne proposent pas de biens et services numériques intégrés à l’application à l’achat, Apple a convenu avec la JFTC de permettre aux développeurs de ces applications de partager un lien unique vers leur site Web pour aider les utilisateurs à configurer et à gérer leur compte.

« Avant que le changement n’entre en vigueur au début de 2022, Apple mettra à jour ses directives et son processus de révision pour s’assurer que les utilisateurs d’applications de lecture continuent d’avoir une expérience sûre sur l’App Store. Bien que les achats intégrés via le système de commerce App Store restent les méthodes de paiement les plus sûres et les plus fiables pour les utilisateurs, Apple aidera également les développeurs d’applications de lecture à protéger les utilisateurs lorsqu’ils les relient à un site Web externe pour effectuer des achats ».

« La confiance sur l’App Store est tout pour nous. L’objectif de l’App Store est toujours de créer une expérience sûre et sécurisée pour les utilisateurs, tout en les aidant à trouver et à utiliser d’excellentes applications sur les appareils qu’ils aiment », a déclaré Phil Schiller, Apple Fellow qui supervise l’App Store. « Nous avons un grand respect pour la Commission japonaise du commerce équitable et apprécions le travail que nous avons accompli ensemble, qui aidera les développeurs d’applications de lecture à faciliter la configuration et la gestion de leurs applications et services par les utilisateurs, tout en protégeant leur vie privée et en préservant leur confiance ».

La JFTC a confirmé l’accord dans un communiqué de presse, affirmant que la décision d’Apple « éliminerait la violation présumée de la loi antimonopole ». La commission, qui enquête sur Apple depuis 2016, a déclaré que la société s’était engagée à faire rapport sur l’état de la transparence de l’examen des applications une fois par an pendant les trois prochaines années. Selon la JFTC, Apple a proposé de modifier ses directives d’examen des applications en réponse à l’enquête.

Cas des États-Unis

Apple laissera enfin les développeurs informer les utilisateurs des options d’achat disponibles en dehors de l’App Store iOS. Le fabricant d’iPhone a accepté cette concession et d’autres, y compris 100 millions de dollars de paiements aux développeurs, dans le cadre d’une proposition de règlement d’un recours collectif déposé par deux développeurs d’applications en 2019.

Apple et les développeurs plaignants qui ont poursuivi la société ont déposé des requêtes exhortant un juge fédéral à approuver le règlement.

Le règlement verra Apple créer des directives modifiées qui permettront aux développeurs d’utiliser des communications, telles que le courrier électronique, pour partager des informations sur les méthodes de paiement en dehors de leur application iOS. Les développeurs n’auront pas à payer de commission à Apple sur les achats effectués en dehors de leur application ou de l’App Store.

Le règlement met fin à un recours collectif de deux ans qui a été intenté par environ 67 000 développeurs dont les applications résidaient sur le marché de l’App Store.

« Apple a accepté de réviser ses directives App Store pour permettre aux développeurs de toutes les catégories d’applications de communiquer avec des clients consentants en dehors de leur application, y compris par e-mail et d’autres services de communication, à propos de méthodes d’achat autres que l’achat via l’application… Cette injonction est extrêmement précieux. En informant les clients des options de paiement alternatives, les développeurs peuvent éviter de payer les commissions d’Apple et, en outre, exercer une pression concurrentielle sur Apple pour discipliner ses prix », ont déclaré les plaignants.

Le terme de règlement ne permettrait pas aux développeurs d’informer les utilisateurs sur les options d’achat non App Store au sein des applications elles-mêmes, nécessitant que cette communication ait lieu en dehors des applications. Les créateurs d’applications pourraient contacter les clients à l’aide d’adresses e-mail et de numéros de téléphone obtenus dans leurs applications et leur dire comment acheter des abonnements et d’autres contenus numériques sur les propres sites Web des développeurs ou ailleurs.

Apple n’autorise actuellement pas les développeurs à « utiliser les informations de contact (e-mails, numéros de téléphone, etc.) obtenues dans une application pour contacter leur base d’utilisateurs en dehors de l’application », ce qui « empêche effectivement les développeurs d’alerter leurs clients sur d’autres options de paiement », rappellent les plaignants. « Le règlement proposé lève cette restriction, et il le fait pour toutes les catégories d’applications ».

Le fabricant d’iPhone a également accepté de publier un rapport de transparence annuel qui fournit des statistiques sur le nombre d’applications rejetées et les raisons pour lesquelles elles ont été rejetées, le nombre de comptes clients et développeurs désactivés, des données objectives concernant les requêtes et les résultats de recherche, et le nombre d’applications supprimées de l’App Store.

Le duopole Apple-Google dans le viseur de plusieurs régulateurs dans le monde

La Russie exige que les appareils tournant sur Android ou iOS soient vendus avec des applications préinstallées créées par des développeurs russes, et l’Australie envisage de réglementer des services comme Apple Pay et Google Pay. Aux Etats-Unis, trois sénateurs ont proposé en août une loi visant à réguler les deux firmes dominantes et contraindre le duopole Google-Apple à s’ouvrir beaucoup plus à la concurrence. Les parlementaires européens discutent également d’une telle loi.

Source : Reuters

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Le 10/08/2021 à 1:13

Google a envisagé « d’acheter une partie ou la totalité d’Epic » par inquiétude quant à l’intention du développeur de Fortnite

de contourner la boutique Google Play

Des documents récemment descellés dans le procès antitrust d’Epic contre Google allèguent que la grande enseigne de la technologie a envisagé d’acheter « une partie ou la totalité » d’Epic Games, par inquiétude quant à l’intention du développeur de Fortnite de contourner la boutique d’applications Google Play.

Le document ne contient aucun des messages internes où un tel plan est envisagé, mais un paragraphe précédemment censuré est désormais inclus dans les documents judiciaires :

« Par exemple, Google est allé jusqu’à partager ses bénéfices de monopole avec des partenaires commerciaux pour obtenir leur accord afin d’exclure la concurrence, a développé une série de projets internes pour faire face à la « contagion » qu’il percevait des efforts d’Epic et d’autres pour offrir des alternatives compétitives aux consommateurs et aux développeurs, et a même envisagé d’acheter une partie ou la totalité d’Epic pour étouffer cette menace ».

Le PDG d’Epic Games a déclaré qu’il ne découvrait que maintenant « la considération de Google » :

« Cela nous était inconnu à l’époque, et en raison de l’ordonnance de protection du tribunal, nous venons d’apprendre que Google envisage d’acheter Epic pour mettre fin à nos efforts pour concurrencer Google Play ».

Ailleurs dans les documents judiciaires, Epic affirme que Google leur a proposé un « accord spécial » pour lancer Fortnite sur le Google Play Store, qu’ils ont rejeté, et a qualifié l’expérience d’installation d’applications sur des téléphones Android en dehors du magasin de « franchement abyssale ».

Une grande partie des affirmations du document et des preuves proposées restent censurées, mais Epic allègue en outre qu’après avoir signé un accord de distribution pour Fortnite avec la boutique d’applications Android de Samsung, Google « a pris des mesures pour s’assurer que les OEM n’entreraient pas dans des partenariats avec des distributeurs comme Epic ».

Une grande attention a été accordée au procès d’Epic contre Apple concernant les restrictions sur l’App Store, mais son procès contre Google a été lancé le même jour et est lié au même problème. Epic affirme que le contrôle d’Apple et de Google sur leur magasin d’applications constitue un monopole et veut pouvoir offrir aux utilisateurs des voies alternatives pour acheter leurs jeux tels que Fortnite sans avoir à donner à Apple ou Google une redevance de 30%. Les résultats des deux cas ont d’énormes ramifications pour les jardins clos d’Apple et de Google, et pour chaque développeur de logiciels qui publie sur ces plateformes. Cela pourrait également avoir des conséquences sur d’autres plateformes, notamment les consoles, et d’autres magasins numériques tels que Steam.

Le bras de fer de Google et Epic Games autour de Fortnite

Pour mémoire, en 2018, Epic a fait un pari audacieux : apporter son jeu Fortnite sur Android en décidant de se passer de Google et des 30 % de commissions touchées pour les applications publiées sur Play Store.

« Le 9 août, nous avons lancé la bêta Android de Fortnite sur certains appareils de nos partenaires chez Samsung. Quelques jours plus tard, nous avons lancé des invitations à un sous-ensemble de propriétaires d’appareils Android auprès de divers fabricants de combinés. Nous avons beaucoup appris de la version bêta en ce qui concerne les performances, la sécurité, la compatibilité des appareils et la fourniture de Fortnite sur Android via Fortnite Installer », raconte l’équipe dans un long billet technique.

Quel était le bilan un mois plus tard ? « Au cours des 21 premiers jours qui ont suivi le lancement de Fortnite sur Android, l’intérêt a été très vif, avec plus de 23 millions de joueurs entrant dans notre version bêta Android et plus de 15 millions de joueurs ayant installé notre APK. Alors que nous sommes dans une phase d’invitation seulement pour Android, notre conversion des joueurs invités à jouer est similaire à celle de la bêta iOS », explique Epic.

« Livrer le même jeu sur toutes les plateformes, tout en prenant en charge le jeu croisé, représentait un défi unique. Généralement, lorsque vous essayez de faire évoluer un jeu pour des appareils mobiles, vous simplifiez le contenu et même la conception, afin de vous adapter aux contraintes de performance de la plateforme. Par exemple, vous pouvez éliminer des objets plus proches de la caméra pour réduire les appels de dessin. Dans Fortnite, les joueurs Android peuvent être dans le même match avec leurs amis sur PC et sur console, donc nous devons faire un rendu de tout ce qui affecte le gameplay ».


Un travail effectué avec plusieurs partenaires

Depuis janvier 2018, Epic a travaillé avec une équipe importante sur la version Android de FNBR. Bien que la plupart de leurs efforts ont été consacrés au rendu, à la stabilité et à la mémoire, le nombre et la variété du matériel Android, des versions du système d’exploitation et des versions des pilotes constituaient le principal obstacle à surmonter.

Aussi, il était crucial pour Epic de travailler avec des partenaires afin d’apporter Fortnite à Android. D’ailleurs, Epic reconnaît que sans leurs connaissances, leur expertise et leur travail acharné, cela n’aurait pas été possible.

« Nous avons travaillé en étroite collaboration avec Samsung pour définir et optimiser Fortnite pour leurs appareils. Samsung a envoyé des ingénieurs dans plusieurs bureaux Epic du monde entier et a travaillé directement avec nos ingénieurs sur les optimisations et l’analyse des performances, et a apporté de nombreuses modifications de code, en particulier pour le moteur de rendu Vulkan. À l’aide de téléphones de test instrumentés et de leurs outils d’ingénierie internes, ils ont pu nous donner un aperçu de nos goulots d’étranglement en termes de performances et de mémoire et de la manière de les résoudre. Nous avons également travaillé avec Samsung pour créer le processus d’installation le plus transparent et le plus sûr possible pour les utilisateurs de téléphones Samsung.

« Les ingénieurs de Google nous ont également rendu visite sur site pour identifier et optimiser Fortnite, en nous aidant à identifier les optimisations clés, une fuite de mémoire et à élaborer une implémentation de stimulation de trame solide pour OpenGL sur Android. Les ingénieurs Android de Google sont très talentueux et passionnés par le fait de rendre l’écosystème Android génial pour les jeux et de l’améliorer constamment ».

Epic a également travaillé avec d’autres partenaires pour tester et optimiser Fortnite, notamment ARM, Qualcomm, Imagination Technologies, Razer, HiSilicon et bien d’autres.

L’ultime tentative de négociation

En 2019, Epic Games a approché la filiale d’Alphabet pour lui proposer d’accueillir à nouveau son jeu Fortnite sur le Play Store, mais sous certaines conditions : le studio voulait conserver l’intégralité des revenus tirés des achats intégrés dans son jeu.

En guise de réponse, Google s’est fendu d’un commentaire expliquant : « Google Play a un modèle d’affaires et une politique de paiement qui nous permettent de développer notre plateforme et nos outils pour aider les développeurs à générer de l’argent tout en gardant nos utilisateurs en sécurité. Nous accueillons tous les développeurs qui reconnaissent la valeur de Google Play et nous attendons d’eux qu’ils participent sous les mêmes termes que les autres ». En clair, la firme de Mountain View ne voyait pas pourquoi Fortnite, malgré son large succès, devait bénéficier d’un traitement de faveur sur le Play Store.

Suite aux propos de Google, Epic Games a réagi afin d’exposer les réelles motivations de sa récente démarche (dénoncer le caractère illégal et abusif du système de rémunération de Google sur le Play Store) :

« Nous n’avons pas demandé d’exception pour nous ; nous espérons plutôt voir un changement général dans les pratiques de l’industrie des smartphones à ce sujet. Nous avons demandé à Google de ne pas appliquer sa mesure pour que les produits distribués par Google Play utilisent le service de Google pour les achats intégrés. Nous pensons que le fait de lier un service de paiement obligatoire à une commission de 30 % est illégal dans le cas d’une plateforme de distribution avec plus de 50 % de parts de marché ».

Epic Games a également attiré l’attention sur le fait que « l’accord de distribution des développeurs de Google Play ne requiert pas que les développeurs utilisent le paiement de Google. Il référence simplement un certain nombre de documents non contractuels demandant aux développeurs de le faire ». L’éditeur de Fortnite a poursuivi en rappelant qu’il « propose une boutique majeure de jeux sur PC avec un service de paiement » et qu’il ne force pas les développeurs à utiliser sa boutique pour accéder à son écosystème de paiement.

Epic décide de courber l’échine après un bras de fer qui aura duré plus d’un an

En avril 2020, Epic a abandonné sa lutte contre la plateforme et a finalement rendu Fortnite disponible sur le Google Play Store.

La raison de ce revirement est expliquée par la société dans un communiqué :

« Google désavantage les logiciels téléchargeables en dehors de Google Play, grâce à des mesures techniques et commerciales telles que des fenêtres contextuelles de sécurité effrayantes et répétitives pour les logiciels téléchargés et mis à jour, des accords et des transactions restrictives avec les fabricants et les opérateurs, les relations publiques de Google caractérisant les sources de logiciels tiers comme les logiciels malveillants et les nouveaux efforts tels que Google Play Protect pour bloquer purement et simplement les logiciels obtenus en dehors du Google Play Store ».

Une partie de cette déclaration pourrait faire référence à un problème de sécurité entre Google et Epic juste après le lancement du jeu sur Android. Là, Epic a corrigé une vulnérabilité potentielle du programme d’installation d’Android Fortnite après en avoir été alerté en privé par Google. En pratique, cette vulnérabilité permettait à un hacker de contourner le processus de téléchargement pour installer des applications malicieuses au lieu de télécharger le jeu à partir du serveur d’Epic, ce qui laissait l’utilisateur vulnérable à ce qui est communément appelé l’attaque de l’homme du milieu (HDM) ou man-in-the-middle attack (MITM).

Mais lorsque Google a révélé la (première) vulnérabilité une semaine après la publication du correctif, Epic a déclaré « qu’il était irresponsable de Google de divulguer publiquement les détails techniques de la faille si rapidement, alors que de nombreuses installations n’avaient pas encore été mises à jour et étaient toujours vulnérables ». Epic a également mis cette divulgation sur le compte des « efforts de contre-relations publiques de Google contre la distribution d’Epic de Fortnite en dehors de Google Play ».

Source : documents juridiques

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Le 02/09/2021 à 19:13

App Store : Apple va autoriser les devs d’apps de type « lecteur » comme Netflix et Spotify à laisser les utilisateurs se connecter au Web

et contourner son système de paiement in-app

Apple, sous la pression des développeurs et des régulateurs concernant la façon dont il gère son App Store, est en train de changer certaines de ses règles, via une proposition de règlement déposée devant le tribunal suite à un recours collectif. En effet, Apple permettra aux développeurs d’applications de mettre en œuvre des systèmes de paiement en dehors de l’App Store et de communiquer directement avec les clients à leur sujet. Auparavant, une application serait supprimée de l’App Store si elle contournait les systèmes de paiement d’Apple et les commissions d’achat in-app.

Le terme de règlement ne permettrait pas aux développeurs d’informer les utilisateurs sur les options d’achat non App Store au sein des applications elles-mêmes, nécessitant que cette communication ait lieu en dehors des applications. Les créateurs d’applications pourraient contacter les clients à l’aide d’adresses e-mail et de numéros de téléphone obtenus dans leurs applications et leur dire comment acheter des abonnements et d’autres contenus numériques sur les propres sites Web des développeurs ou ailleurs.

Apple n’autorise actuellement pas les développeurs à « utiliser les informations de contact (e-mails, numéros de téléphone, etc.) obtenues dans une application pour contacter leur base d’utilisateurs en dehors de l’application », ce qui « empêche effectivement les développeurs d’alerter leurs clients sur d’autres options de paiement », rappellent les plaignants. « Le règlement proposé lève cette restriction, et il le fait pour toutes les catégories d’applications ».

La raison pour laquelle cela est significatif est que jusqu’à présent, Apple, qui prélève jusqu’à 30% de l’argent que les développeurs génèrent lorsqu’ils effectuent des ventes in-app, n’a pas permis aux développeurs de parler aux clients d’alternatives moins chères. Maintenant, ils le peuvent.

Petit changement d’Apple

Alors que les développeurs d’applications ont accusé Apple la semaine dernière d’avoir transformé un règlement en justice en un changement dans l’App Store qui n’était pas significatif, la société semble avoir fait une petite concession : Apple a déclaré qu’elle laissera les développeurs des applications de type « lecteur » (pensez à Netflix, Spotify et l’application Kindle d’Amazon) relier directement leurs clients à leur propre site Web d’inscription, où ils pourraient potentiellement contourner entièrement le système de paiement intégré d’Apple (et sa commission de 30 %).

Dans un communiqué de presse, Apple affirme que cette décision mettra fin à une enquête de la Commission japonaise du commerce équitable (JFTC) et qu’elle ne s’appliquera qu’à ce type d’applications de « lecteur » pour le moment (une catégorie qui a été conçue à l’origine par Apple pour apaiser des entreprises comme Netflix et Hulu en leur permettant de laisser les utilisateurs se connecter simplement à leur compte existant au lieu de souscrire à un nouvel abonnement via l’App Store et d’avoir à payer les frais d’Apple).

Voici le communiqué d’Apple à ce propos :

« Apple a annoncé aujourd’hui une mise à jour à venir sur l’App Store qui clôt une enquête de la Japan Fair Trade Commission (JFTC). La mise à jour permettra aux développeurs d’applications de « lecteur » d’inclure un lien dans l’application vers leur site Web pour que les utilisateurs puissent créer ou gérer un compte. Alors que l’accord a été conclu avec la JFTC, Apple appliquera ce changement à l’échelle mondiale à toutes les applications de lecture du magasin. Les applications de lecture fournissent du contenu précédemment acheté ou des abonnements à du contenu pour des magazines, des journaux, des livres, de l’audio, de la musique et des vidéos numériques.

« Pour garantir une expérience utilisateur sûre et transparente, les directives de l’App Store exigent que les développeurs vendent des services numériques et des abonnements à l’aide du système de paiement intégré à l’application d’Apple. Étant donné que les développeurs d’applications de lecture ne proposent pas de biens et services numériques intégrés à l’application à l’achat, Apple a convenu avec la JFTC de permettre aux développeurs de ces applications de partager un lien unique vers leur site Web pour aider les utilisateurs à configurer et à gérer leur compte.

« Avant que le changement n’entre en vigueur au début de 2022, Apple mettra à jour ses directives et son processus de révision pour s’assurer que les utilisateurs d’applications de lecture continuent d’avoir une expérience sûre sur l’App Store. Bien que les achats intégrés via le système de commerce App Store restent les méthodes de paiement les plus sûres et les plus fiables pour les utilisateurs, Apple aidera également les développeurs d’applications de lecture à protéger les utilisateurs lorsqu’ils les relient à un site Web externe pour effectuer des achats ».

« La confiance sur l’App Store est tout pour nous. L’objectif de l’App Store est toujours de créer une expérience sûre et sécurisée pour les utilisateurs, tout en les aidant à trouver et à utiliser d’excellentes applications sur les appareils qu’ils aiment », a déclaré Phil Schiller, Apple Fellow qui supervise l’App Store. « Nous avons un grand respect pour la Commission japonaise du commerce équitable et apprécions le travail que nous avons accompli ensemble, qui aidera les développeurs d’applications de lecture à faciliter la configuration et la gestion de leurs applications et services par les utilisateurs, tout en protégeant leur vie privée et en préservant leur confiance ».

La JFTC a confirmé l’accord dans un communiqué de presse, affirmant que la décision d’Apple « éliminerait la violation présumée de la loi antimonopole ». La commission, qui enquête sur Apple depuis 2016, a déclaré que la société s’était engagée à faire rapport sur l’état de la transparence de l’examen des applications une fois par an pendant les trois prochaines années. Selon la JFTC, Apple a proposé de modifier ses directives d’examen des applications en réponse à l’enquête.

« La Japan Fair Trade Commission a enquêté sur Apple Inc. conformément aux dispositions de la loi antimonopole depuis octobre 2016. Apple a été suspecté de restreindre les activités commerciales, telles que la vente de contenus numériques, etc., des entreprises qui distribuent des applications sur la base des directives d’examen de l’App Store car Apple exploite l’App Store, où les développeurs distribuent des applications pour iPhone. Au cours de l’enquête de la JFTC, Apple a proposé de prendre des mesures telles que la révision de la directive relative au comportement allégué ci-dessus. À la suite de l’examen de cette proposition par la JFTC, la JFTC a reconnu qu’elle éliminerait les soupçons susmentionnés et a décidé de clore l’enquête sur cette affaire une fois que la JFTC aura confirmé que la mesure avait été prise ».

Actuellement, les applications Netflix et Spotify sur iOS sont inutiles si vous n’avez pas encore d’abonnement : les deux ne proposent qu’une page de connexion, sans lien vers leur site Web, et des excuses effrontées. « Vous ne pouvez pas vous inscrire à Netflix dans l’application. Nous savons que c’est un problème », lit-on sur la page d’accueil de l’application Netflix. L’application Amazon Kindle, en revanche, propose une page de base « Créer un nouveau compte Amazon » dans l’application elle-même, mais ne vous permet pas d’y acheter des livres, ni même dans l’application Amazon standard. Vous devez vous rendre sur un navigateur mobile pour acheter.


Une portée limitée

Le changement de règle a une portée extrêmement limitée, car Apple affirme avoir seulement accepté de laisser les développeurs de soi-disant applications de lecture de « partager un seul lien vers leur site Web pour aider les utilisateurs à configurer et à gérer leur compte ». Apple dit également qu’il « aidera les développeurs d’applications de lecture à protéger les utilisateurs lorsqu’ils les lient à un site Web externe pour effectuer des achats », ce qui suggère qu’il aura des directives spécifiques sur la façon dont ces liens apparaissent. Il n’est pas clair si les développeurs seront en mesure de mentionner les prix.

Il convient également de noter que lorsqu’Apple a rejeté l’application de messagerie Hey, et même après avoir modifié cette décision controversée, la société a été très claire sur le fait que les applications de messagerie ne comptent pas comme des applications de « lecture », même si vous vous abonnez de la même manière en dehors de l’application et la seule chose que vous pouvez faire sans compte est de vous connecter. Apple est celui qui décide quelles applications sont considérées comme des applications de lecture pour commencer.

Il semble également qu’Apple redéfinisse légèrement ce que signifie une application de « lecture » : alors que les directives d’examen des applications de l’entreprise suggèrent qu’une application de lecture « pourrait » permettre aux utilisateurs d’accéder au contenu précédemment acheté (vraisemblablement parallèlement aux achats intégrés, comme Netflix le propose depuis des années), le nouveau communiqué de presse d’Apple précise que « les développeurs d’applications de lecture ne proposent pas de biens et services numériques intégrés à l’application à l’achat ».

Voici ce qui est mentionné dans l’App Store Review Guidelines :

Applications de « lecture » : les applications peuvent permettre à un utilisateur d’accéder à du contenu ou à des abonnements à du contenu précédemment achetés (en particulier : magazines, journaux, livres, audio, musique et vidéo). Les applications de lecture peuvent proposer la création de compte pour les niveaux gratuits et une fonctionnalité de gestion de compte pour les clients existants.

La réaction de l’industrie

Actuellement, des applications comme Netflix et Spotify contournent les commissions d’Apple d’environ 15 à 30 % en obligeant les utilisateurs à s’inscrire d’abord sur leurs sites Web.

« Certains des plus grands services de cette catégorie « lecteur » sont des streamers comme Netflix et Spotify qui s’appuient sur leurs propres services de paiement », a déclaré l’analyste de PP Foresight, Paolo Pescatore. « (Le changement) permettra aux petits développeurs d’avoir une relation directe avec les clients afin de gérer leurs comptes et leur paiement ».

Le changement devrait entrer en vigueur au début de l’année prochaine et sera appliqué à l’échelle mondiale, a déclaré Apple, qui conservera le dernier mot sur les applications considérées comme des applications de lecture.

Certaines entreprises ont déclaré que la concession n’était pas suffisante.

« Un correctif anti-direction limité ne résout pas tous nos problèmes », a déclaré Spotify Technology dans un communiqué. La société de streaming musical poursuit une plainte antitrust contre Apple auprès des autorités de la concurrence de l’Union européenne.

Ses règles pour les éditeurs de jeux ont été parmi les plus controversées, en particulier la pratique contestée par Epic Games consistant à ne pas autoriser les développeurs à utiliser d’autres formes de paiement dans les applications.

Cette affaire peut déterminer si Apple peut garder le contrôle sur les applications qui apparaissent sur ses appareils et s’il est autorisé à facturer des commissions aux développeurs.

En réponse à la dernière annonce d’Apple sur son App Store, qui constitue le cœur de son segment de services de 53,8 milliards de dollars, le PDG d’Epic Games, Tim Sweeney, a accusé Apple d’essayer d’apaiser les tensions avec des mesures fragmentaires insuffisantes :

« Apple devrait ouvrir iOS sur la base du matériel, des magasins, des paiements et des services, chacun rivalisant individuellement selon ses mérites. Au lieu de cela, ils effectuent un recalcul littéralement jour après jour du diviser pour régner dans l’espoir de s’en sortir avec la plupart de leurs pratiques de restriction », a-t-il déclaré sur Twitter.

Un responsable de la Commission japonaise du commerce équitable a souligné que la portée de son enquête ne couvrait pas les jeux.

« Il est également possible qu’une enquête soit menée sur les jeux », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Sources : Apple, Japan Fair Trade Commission, App Store Review Guidelines

Et vous ?

Apple peut-il toujours définir l’application de « lecture » de façon « arbitraire » ou des critères les définissant doivent*être gravés dans le marbre ?

Avec cette démarche d’Apple, les applications de « lecture » peuvent-elles mentionner explicitement le paiement ou le prix ou est-ce interdit ?

Apple parle d’un lien, vers quoi redirige-t-il ? Y a-t-il des règles ?

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Chroniqueur Actualités

Le 30/08/2021 à 0:59

App Store : Spotify estime que les concessions d’Apple faites aux développeurs ne corrigent pas ses pratiques anticoncurrentielles,

et ne compte pas arrêter les poursuites judiciaires

Apple, sous la pression des développeurs et des régulateurs concernant la façon dont il gère son App Store, est en train de changer certaines de ses règles, via une proposition de règlement déposée devant le tribunal suite à un recours collectif. En effet, Apple permettra aux développeurs d’applications de mettre en œuvre des systèmes de paiement en dehors de l’App Store et de communiquer directement avec les clients à leur sujet. Auparavant, une application serait supprimée de l’App Store si elle contournait les systèmes de paiement d’Apple et les commissions d’achat in-app.

Le terme de règlement ne permettrait pas aux développeurs d’informer les utilisateurs sur les options d’achat non App Store au sein des applications elles-mêmes, nécessitant que cette communication ait lieu en dehors des applications. Les créateurs d’applications pourraient contacter les clients à l’aide d’adresses e-mail et de numéros de téléphone obtenus dans leurs applications et leur dire comment acheter des abonnements et d’autres contenus numériques sur les propres sites Web des développeurs ou ailleurs.

Apple n’autorise actuellement pas les développeurs à « utiliser les informations de contact (e-mails, numéros de téléphone, etc.) obtenues dans une application pour contacter leur base d’utilisateurs en dehors de l’application », ce qui « empêche effectivement les développeurs d’alerter leurs clients sur d’autres options de paiement », rappellent les plaignants. « Le règlement proposé lève cette restriction, et il le fait pour toutes les catégories d’applications ».

La raison pour laquelle cela est significatif est que jusqu’à présent, Apple, qui prélève jusqu’à 30% de l’argent que les développeurs génèrent lorsqu’ils effectuent des ventes in-app, n’a pas permis aux développeurs de parler aux clients d’alternatives moins chères. Maintenant, ils le peuvent.

Ainsi, Spotify, par exemple, pourrait vendre un abonnement mensuel à son service de streaming pour 13 $ via une application Apple – mais pourrait alors immédiatement envoyer un e-mail à quelqu’un qui s’est inscrit à ce service pour lui dire qu’il pourrait obtenir la même chose pour 10 $ par mois s’il signait sur Spotify.com.

Ainsi, Spotify, qui a déposé une plainte antitrust contre Apple auprès de l’Union européenne, et Epic, qui a poursuivi Apple pour violations des lois antitrust aux États-Unis, on obtenu une partie de ce qu’ils veulent : la possibilité de dire à leurs propres clients qu’ils peuvent payer moins cher pour le même service.

Mais cette proposition d’Apple n’a pas été suivie par la liesse de ces entreprises. Elles poursuivent leurs campagnes juridiques, pour de multiples raisons*: toutes les deux, par exemple, veulent pouvoir indiquer à leurs clients directement dans leur application iOS qu’ils peuvent payer moins cher en allant ailleurs.

À l’heure actuelle, par exemple, si vous êtes un utilisateur d’iPhone qui souhaite mettre à niveau votre service Spotify gratuit vers un service payant, Spotify vous dit simplement que vous ne pouvez pas le faire sur votre application, sans aucune autre instruction sur la façon de le faire. Vous êtes confrontés à un « Nous savons que ce n’est pas idéal ».

Mais les griefs de Spotify à l’endroit d’Apple vont au-delà de la façon dont il peut faire de la publicité. Une grande partie de la plainte du service de musique est qu’il fait face à une concurrence encore plus féroce du propre service de musique en streaming d’Apple, car Apple n’a pas à payer de taxe App Store sur ses propres services.

Epic, quant à lui, veut bien plus que la possibilité de diriger les clients vers son propre site. Il dit vouloir gérer sa propre boutique d’applications au sein de l’App Store d’Apple, puis, éventuellement, gérer sa propre boutique d’applications concurrente. Et Apple n’en veut pas.

D’ailleurs, sur Twitter, Spotify a déclaré : « Les récents « changements » d’Apple ne répondent à aucune des principales préoccupations que Spotify et bien d’autres ont avec Apple », relayant les propos de Horacio Gutiierrez, Head of Global Affairs and Chief Legal Officer chez Spotify qui a estimé que « les propositions d’Apple ne répondent pas aux aspects les plus basiques des pratiques injustes et anticoncurrentielles de l’App Store. Elles sont une tentative de distraction à l’endroit des politiciens et des régulateurs et ralentissent le dynamisme qui se développe dans le monde pour corriger leur comportement. Apple a été autorisé à abuser de sa position dominante pendant des années et nous continuons à chercher de vraies réformes pour nous assurer que les entreprises puissent innover et se faire concurrence équitablement ».

En guise d’explications, le tableau récapitulatif ci-dessous a été communiqué :

Pendant ce temps, d’autres critiques soutiennent que même la concession de courrier électronique d’Apple n’est peut-être pas si significative car elle oblige les développeurs et les utilisateurs à prendre de nombreuses mesures supplémentaires. De nos jours, le simple fait d’amener quelqu’un à ouvrir un e-mail promotionnel demande beaucoup d’efforts ; pensez à votre boîte de réception et à l’encombrement que vous ignorez régulièrement.

Si vous êtes un défenseur d’Apple, vous pouvez affirmer que les développeurs devraient être satisfaits de toute concession offerte par Apple, car il s’agit de l’App Store et des appareils Apple et Apple devrait pouvoir faire ce qu’il veut sur sa propre propriété. Si vous allez dans un Walmart, par exemple, vous ne trouverez pas de panneaux indiquant que vous pouvez acheter moins cher chez Target ou Amazon.

Ou encore : vous pouvez affirmer que l’App Store d’Apple a fourni aux développeurs un énorme marché d’utilisateurs d’iPhone et d’iPad (« un miracle économique », comme le dit Phil Schiller, directeur d’Apple dans le communiqué de presse d’Apple) et estimer qu’Apple devrait être libre d’établir des règles autour de son propre magasin d’applications.

Tout ce débat souligne à quel point Apple subit désormais la pression des développeurs et des régulateurs. L’App Store d’Apple est devenu au fil des ans un entonnoir de distribution majeur pour les développeurs et un véritable centre de profit pour Apple, générant probablement 15 milliards de dollars en revenus l’année dernière. Et les développeurs se plaignent des règles de l’App Store depuis au moins une décennie.

Cette fois-ci, alors que les régulateurs et les politiciens parlent du pouvoir des grandes enseignes technologiques en général, ils ont passé une partie de leur temps à se concentrer sur Apple et son magasin d’applications, et sur la question de savoir si les règles de l’entreprise sont trop rigides et anticoncurrentielles.

Les régulateurs de l’UE ont déjà déclaré qu’ils pensaient qu’Apple violait les règles antitrust, bien qu’ils n’aient pas rendu de décision finale. La sénatrice Amy Klobuchar a fait d’Apple une cible de choix dans ses arguments antitrust – elle a coparrainé un projet de loi qui limiterait la façon dont Apple et Google gèrent leurs magasins d’applications. Via son service de presse, elle dit que les changements proposées par Apple ne suffiront pas :

«*Alors que les technologies mobiles sont devenues essentielles à notre vie quotidienne, il est devenu clair qu’Apple, ainsi que quelques autres gatekeepers, ont un contrôle immense sur le marché des applications. Ce pouvoir soulève de sérieux problèmes de concurrence et a un impact aussi bien sur les consommateurs que sur les développeurs d’applications. Cette nouvelle action d’Apple est un petit premier pas vers la résolution de certains de ces problèmes de concurrence, mais il faut faire davantage pour garantir un marché d’applications mobiles ouvert et compétitif, y compris une législation de bon sens pour établir des règles de route pour les magasins d’applications dominants. »

Les législateurs de l’État, quant à eux, intensifient les propositions de mesures pour assouplir les règles d’Apple et la Maison Blanche de Biden semble très intéressée quant à la réduction du pouvoir des grandes enseignes technologiques en général.

Ce qui signifie qu’il est peu probable que ce soit la dernière concession de l’App Store qu’Apple doit faire. Que l’entreprise continue d’apporter des changements progressifs ou qu’elle en fasse de plus grands, nous en dira long sur la motivation et l’efficacité des critiques envers les grandes enseignes technologiques.

Source : Spotify

Et vous ?

Que pensez-vous de la perspective d’Epic et de Spotify qui estiment qu’Apple n’a pour le moment rien fait pour corriger ses pratiques anticoncurrentielles sur l’App Store ?

Avatar de calvaire

Membre chevronné

Le 07/08/2021 à 20:00

je n’utilise pas les soft d’epic, je suis sous gog et j’utilise pas l’epic game store, ni l’unreal ni fornite donc je m’en moque de leurs produits.

Mais si avec leurs tunasse ils arrivent à mettre fin a l’exclusivité de l’Appstore et d’une manière générale mettre fin au système mafieux d’Apple et bien ils aurons mon total respect

Dans le cas de google (android) et de steam c’est différent, android autorise des stores alternatifs, libre aux constructeurs de préinstaller autre chose d’ailleurs. et steam c’est un outil qui n’est même pas préinstallé sur windows.

Si j’avais un souhait pour Epic, ce serait de rejoindre le combat de steam contre windows et de contribuer à proton/wine et de fournir leur plateforme sous linux.

Parceque si Apple c’est le cas extrême ou toute concurrence est impossible, windows et android sont quand même « toxique », il est en effet encore difficile de se passer du playstore et de l’os windows.

et ces monstres tendent vers le modèle d’Apple, heureusement que le MS Store (comme beaucoup de technos de chez MS…) à fait un bon gros bide. Mais c’est partie remiose et steam le sait très bien.

C’est la même chose pour epic, seul un os libre sans store de préinstallé pourra les sauver dans le temps et d’une certaine manière nous sauver de monopole

Avatar de darklinux

Membre extrêmement actif

Le 11/08/2021 à 1:54

Citation Envoyé par calvaire Voir le message

je me demande pourquoi steam ne s’allie pas à Epic dans cette bataille, IOS représenterais un très gros marché si steam pouvait y faire un store.

J’imagine qu’il est possible de faire un proton avec émulation des instructions cpu pour faire fonctionner des petits jeux windows sur ios, histoire de pas partir sur un store vide au début.

en générale dans les jeux on consomme plus du gpu que du cpu donc une émulation devrais pas être trop handicapant (le code direcX aurait juste besoin d’etre interpreter comme c’est la cas actuellement avec wine/proton donc c’est transparent niveau perf). Je parle pas de AAA mais des milliers de mini jeux peu gourmand qui traine sur steam

Steam avec son source est plus orienté jeux qu ‘ Epic Games qui lui vise le métavers avec l ‘ Unreal Engine . Les marchés , ne sont pas les memes , dans ce cas Amazon et la FNAC pourraient ce retournés contre Apple

Tiri

Je suis un développeur web qui cherche à résoudre les problèmes du monde réel. J'ai la passion d'apprendre et de partager mes connaissances avec les autres, aussi publiquement que possible.