« La cryptomonnaie est synonyme de liberté et le bitcoin pourrait remplacer le dollar d’ici une décennie », selon Garry Kasparov, considéré comme le plus grand joueur d’échecs de l’histoire

Garry Kasparov, largement considéré comme le plus grand joueur d’échecs de l’histoire, a déclaré lors d’une interview cette semaine qu’il considère la cryptomonnaie comme un outil d’expression de la liberté. L’ex-champion du monde d’échecs pense que les cryptomonnaies comme le bitcoin sont de l' »or numérique » et peuvent conserver leur valeur alors que l’inflation augmente. En particulier, il a déclaré que les cryptomonnaies sont un bon outil pour les gens pour lutter contre ce qu’il considère comme des dépenses excessives du gouvernement, qui, selon lui, conduit à une forte inflation qui érode la valeur des actifs.

Kasparov considère les cryptomonnaies comme le « futur » du monde

Garry Kimovitch Kasparov, né le 13 avril 1963 à Bakou, en Azerbaïdjan, est un joueur d’échecs soviétique puis russe. Il a été classé numéro 1 mondial entre 1984 et 2005, avant d’abandonner les tournois d’échecs pour s’engager dans la politique et les actions humanitaires. Kasparov a passé sa « retraite » à s’opposer au président russe Vladimir Poutine, à se battre pour des causes humanitaires et à présider la fondation Human Rights (un organisme à but non lucratif qui soutient fermement le bitcoin comme outil de liberté). Il a découvert les cryptomonnaies grâce à sa lutte pour la liberté d’expression et en est devenu un fan incontesté.



Garry Kasparov

Fervent partisan des cryptomonnaies, Kasparov considère la cryptomonnaie comme un moyen de contrôler le pouvoir du gouvernement. Selon lui, le bitcoin offre une protection contre les dépenses publiques effrénées, « parce que vous êtes protégé par les mathématiques », c’est-à-dire par la logique du code lui-même. Pour Kasparov, les cryptomonnaies deviennent une partie inséparable du progrès, car le monde entier devient numérique. Et si l’économie devient plus numérique, l’argent aussi. Il a ajouté qu’une autre raison justifiant l’importance de ces monnaies est que les gouvernements [ont] des possibilités illimitées d’imprimer de l’argent.

« Dans les pays démocratiques d’Amérique et d’Europe, des milliards de dollars sont imprimés. Je ne suis pas heureux de voir que le gouvernement a les mains libres pour utiliser mes impôts, essentiellement pour dévaluer [le dollar]. Et imprimer de l’argent est la forme la plus exquise d’emprunter à nous et aux générations futures. Et je crois que les cryptomonnaies – avec le bitcoin comme standard – offrent une protection contre cet assaut du gouvernement, parce que vous êtes protégé par les mathématiques. Vous êtes protégé par le nombre limité de tout code derrière la monnaie respective », a-t-il déclaré.

« Je pense qu’il est très important que la technologie m’offre la possibilité de me défendre, de protéger ma fortune durement gagnée. Les cryptomonnaies, et tous les produits liés aux cryptomonnaies, sont absolument vitaux pour le développement futur de notre monde. Je ne suis pas un expert financier, mais je ne serais pas surpris que, dans dix ans, le dollar soit remplacé par le panier de pièces comme étalon », a-t-il ajouté. Kasparov voit également l’intérêt des jetons non fongibles (NFT). En décembre, en partenariat avec 1Kind, il a lancé une série de 32 NFT qui illustrent des moments emblématiques de sa vie.

La collection comprend le match de 1985 qui l’a couronné comme le plus jeune champion du monde d’échecs, la bataille épique contre « Deep Blue », un superordinateur spécialisé dans le jeu d’échecs conçu par IBM, et ses discours contre les gouvernements totalitaires. C’est cette lutte contre le totalitarisme qui a défini le chapitre actuel de sa vie, et Kasparov considère que la cryptographie fait partie de cette lutte. Ou, comme Kasparov le dit lui-même : « je crois que soutenir la cryptomonnaie est une part importante de ma contribution à l’avenir de l’humanité. Je crois que la technologie devrait aider les gens à lutter contre le pouvoir de l’État ».

Kasparov : aucune technologie n’est jamais uniquement bonne

L’idée selon laquelle le bitcoin et les autres cryptomonnaies sont de l' »or numérique » pouvant maintenir leur valeur a gagné en crédibilité au cours de l’année dernière, les investisseurs recherchant des actifs offrant une protection contre la plus forte inflation depuis les années 1980. À ce titre, les partisans du bitcoin affirment qu’il est rare – seules 21 millions de pièces peuvent être « extraites » – comme l’or, et qu’il est donc plus susceptible de conserver sa valeur que d’autres actifs. Cependant, les détracteurs affirment que le bitcoin et les autres cryptomonnaies sont beaucoup trop volatiles pour être des réserves de valeur fiables.



Un NFT de la collection de Garry

Ils évoquent « l’hiver » du bitcoin, qui a vu le cours de la monnaie passer d’environ 20 000 dollars fin 2017 à environ 3 000 dollars début 2019. À cela, Kasparov répond : « écoutez, la cryptomonnaie est une chose controversée puisque vous entendez beaucoup de gens dire : « Oh, c’est du blanchiment d’argent. Ça aide les méchants ». C’est vrai. Je veux dire, aucune technologie n’est uniquement bonne, parce que c’est de la technologie. Les humains ont toujours le monopole du mal ». Kasparov a déclaré qu’il croit énormément en l’avenir des cryptomonnaies et qu’il serait presque insensé de ne pas acheter des bitcoins aujourd’hui.

« J’ai fait beaucoup de conférences à ce sujet, et je dis : regardez, ce n’est pas la baguette magique ou le Terminator. Ce n’est pas un signe avant-coureur d’utopie ou de dystopie. C’est un outil. La cryptomonnaie est un outil. Et bien sûr, il pourrait profiter à certains méchants aux intentions malveillantes. Mais il s’agit de l’équilibre, il s’agit de compromis. Et je pense que l’équilibre est tellement en faveur du progrès », a-t-il déclaré. Il estime que dans l’avenir, le bitcoin restera un standard, « mais bien sûr, il ne peut pas rester seul ». Selon lui, c’est la raison pour laquelle il y a de nouvelles pièces qui arrivent.

« C’est un processus naturel. Maintenant, nous avons des milliers et des milliers de pièces. C’est comme la bulle Internet. Une grande majorité de ces pièces, soit environ 99,9 %, auront disparu. En revanche, ceux qui survivront deviendront les Google du monde. Je ne suis pas ici pour juger lequel, mais il y en aura peu qui survivront – c’est pourquoi j’ai parlé de panier de pièces », a-t-il déclaré. L’autre point que Kasparov n’a pas abordé cependant est la consommation énergétique des cryptomonnaies. Elles consomment une quantité importante d’énergie, qui ne cesse de croître à mesure que de nouvelles personnes rejoignent le réseau.

Une récente analyse de Digiconomist a établi qu’en 2021, le bitcoin était responsable de 0,54 % de la consommation mondiale d’électricité. Il a consommé 134 TWh d’énergie, ce qui équivaut à la consommation annuelle de l’Argentine. Les estimations moyennes chiffrent à 1 386 KWh la consommation d’une transaction bitcoin, ce qui permettrait de fournir de l’énergie à un foyer américain pendant au moins un mois et demi. Beaucoup de critiques se basent sur cette voracité énergétique pour qualifier les cryptomonnaies de « nuisibles » à l’environnement. Ils estiment que les cryptomonnaies devraient être interdites.

Source : Interview de Garry Kasparov

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Tiri

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